Fonds détournés : l’Algérie traque l’argent volé à travers 32 pays

Dans sa lutte contre la corruption, l'Algérie a intensifié ses efforts pour récupérer les fonds détournés par des individus impliqués dans des pratiques criminelles sous l'ancien régime. Lotfi Boudjemaa, ministre de la Justice, garde des Sceaux, a indiqué que ses services avaient adressé près de 335 demandes de coopération judiciaire internationale à 32 pays dans le but de localiser, geler et saisir les avoirs mal acquis. 

L’Algérie a sollicité une coopération judiciaire internationale pour lutter efficacement contre la corruption et la fraude financière. Ces démarches s’inscrivent dans le cadre de la récupération des fonds détournés. Le ministre a révélé, dimanche 20 juillet lors de la Journée africaine de la lutte contre la corruption, que près de 335 demandes ont été envoyées sous forme de commissions rogatoires vers 32 pays.

Ces demandes visent à traquer les fonds criminels, à les geler et à procéder à leur saisie dans des juridictions étrangères. Bien que les réponses des autorités judiciaires de ces pays aient été variées, l'Algérie continue de suivre cette voie pour récupérer des sommes substantielles issues de la corruption.

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La récupération des biens mal acquis

Outre les demandes de coopération, l'Algérie a également formulé 53 demandes de récupération d'avoirs vers 11 pays, dont un pays africain. Ces demandes incluent non seulement des propriétés immobilières, mais aussi des sommes d’argent placées dans des institutions bancaires internationales. La commission nationale d'experts en charge de la récupération des fonds détournés suit de près ces démarches et travaille en étroite collaboration avec les autorités judiciaires pour assurer un suivi rigoureux et coordonné des demandes.

Pour accélérer la récupération des fonds détournés, l’Algérie a rejoint plusieurs réseaux internationaux qui facilitent l'échange d’informations et la coopération entre pays. Le pays a intégré l’initiative STAR du Bureau de la Banque mondiale ainsi que le Forum mondial pour la récupération des avoirs (GFAR). Ces réseaux permettent de coordonner les actions de différents pays dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d'argent et la corruption transnationale.

En outre, l'Algérie a récemment adhéré au réseau ARIN-MENA, dédié à la récupération des actifs dans la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord). Cette initiative renforce les relations bilatérales avec d'autres pays de la région et favorise la collaboration pour la récupération des fonds détournés. Lors de la Conférence des États parties à la Convention des Nations Unies contre la corruption, l’Algérie a mené plusieurs rencontres bilatérales pour promouvoir ses efforts et obtenir un soutien international.

Les obstacles à la récupération des fonds

Malgré les avancées, plusieurs obstacles demeurent. Le ministre de la Justice a souligné que les différences dans les systèmes judiciaires des pays concernés compliquent souvent le processus de récupération. Chaque pays a ses propres procédures légales, ce qui peut entraîner des délais supplémentaires dans le traitement des demandes. Par ailleurs, la multiplicité des acteurs impliqués – autorités judiciaires, diplomatiques, et autres institutions – rend la coordination plus complexe.

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Afin de surmonter ces difficultés, l'Algérie a intensifié ses efforts diplomatiques. Des rencontres régulières sont organisées avec les autorités des pays concernés pour établir un dialogue constructif et faciliter le traitement des demandes. Ces discussions sont complétées par des visites diplomatiques et des réunions de haut niveau avec des représentants des États sollicités. La coopération entre les autorités judiciaires et diplomatiques s'avère indispensable pour surmonter les obstacles techniques et législatifs liés à la récupération des fonds détournés.


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