L'Algérie intensifie sa lutte contre la fraude et l'évasion fiscales par le déploiement de nouvelles mesures de contrôle. Deux initiatives distinctes, conduites par la Direction générale des Impôts (DGI) et la Chambre nationale des commissaires aux comptes (CNCC), ciblent spécifiquement certains secteurs et professions. Cette action concertée vise à renforcer la transparence financière des opérateurs économiques.
Une instruction de la Direction générale des Impôts, datée du 14 septembre 2025, a ordonné à ses services d'appliquer une nouvelle procédure de vérification. Cette instruction concerne les directions des grandes entreprises (DGE), les directions des impôts de wilaya et les centres fiscaux (CDI). L'objectif est de mener des vérifications générales et ponctuelles des contribuables soumis au régime du réel.
Les bijoutiers réalisant un chiffre d'affaires élevé, particulièrement ceux associant la vente et la réparation de bijoux précieux, font l'objet d'une attention particulière de la part des autorités algériennes. Les importateurs et les opérateurs du commerce extérieur sont également placés sous une surveillance accrue. Leurs habitudes de vie, leur patrimoine, la tenue de registres de commerce secondaires ou les changements fréquents de siège social seront utilisés comme indicateurs de risque fiscal.
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Les modalités et les enjeux des vérifications fiscales
Ces contrôles seront exclusivement menés par des inspecteurs assermentés. Leur but est de confronter les revenus déclarés par les contribuables à leur situation économique et patrimoniale réelle. L'instruction de la DGI précise qu'en cas de refus de collaboration du contribuable, l'administration fiscale pourra procéder à une rectification d’office des bases d’imposition.
Selon des économistes cités par El Watan, ces dispositions visent à rétablir l'équité entre les opérateurs économiques. Dans un contexte où l'Algérie cherche à diversifier ses revenus hors hydrocarbures, le renforcement des recettes fiscales est présenté comme une priorité. Les contrôles sur les bijoutiers et les importateurs ont pour objectif de consacrer la transparence et la régularité fiscale.
La CNCC en campagne contre les cabinets illégaux
Parallèlement à l'action de la DGI, la Chambre nationale des commissaires aux comptes (CNCC) a lancé une campagne nationale contre les cabinets illégaux de comptabilité et d'audit. Ces structures, qui exerceraient sans agrément dans les 58 wilayas, sont accusées de faciliter l'évasion fiscale et le blanchiment d'argent.
Le président de la CNCC, M. Yahiaoui, a déclaré que la prolifération de ces cabinets fictifs « fragilise la transparence financière du pays ». Il a ajouté que cette situation intervenait au moment où l'Algérie œuvre à renforcer sa crédibilité internationale et à sortir du mécanisme de suivi du Groupe d'action financière (GAFI). La campagne de la CNCC comprend un recensement systématique de ces cabinets et le dépôt de plaintes auprès des parquets.
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Un enjeu de crédibilité internationale
L'offensive conjointe de la DGI et de la CNCC s'inscrit dans un cadre international. L'Algérie figure toujours sur la « liste grise » du GAFI, où elle est placée sous surveillance accrue pour des faiblesses identifiées dans la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme.
Les mesures annoncées sont présentées comme un élément pouvant plaider en faveur d'une sortie de l'Algérie de cette liste. Pour les autorités, ces actions démontrent une dynamique d'assainissement du milieu économique. L'objectif affiché est de consolider l'image d'un État décidé à imposer la transparence dans son économie auprès de ses partenaires internationaux.
