Hydrocarbures : l'Algérie annonce 60 milliards de dollars d'investissement

L'Algérie a annoncé un plan d'investissement de plus de 60 milliards de dollars dans son secteur des hydrocarbures. Ce programme, qui couvre la période 2025-2029, a été détaillé par le ministre Mohamed Arkab lors du salon NAPEC 2025. Il s'inscrit dans une stratégie visant à consolider la production tout en accompagnant la transition énergétique.

Le ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, a présenté ce lundi 6 octobre 2025 la répartition du budget de 60 milliards de dollars. Il a précisé que 80 % de cette enveloppe, soit environ 48 milliards de dollars, seraient alloués à l'amont pétrolier et gazier. Ces fonds sont destinés à intensifier les activités d'exploration et de production afin de maintenir les niveaux de réserves et de répondre à la demande internationale.

Les 20 % restants, équivalant à 12 milliards de dollars, seront dirigés vers le développement de projets industriels structurants. Le ministre a cité en exemple les domaines du raffinage et de la pétrochimie. L'objectif déclaré de ces investissements est de renforcer la valeur ajoutée nationale et de réduire la facture des importations de produits finis.

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Une vision énergétique intégrant le gaz et les partenariats

Mohamed Arkab a affirmé que l'adoption par l'Algérie d'une politique de transition énergétique ne signifiait pas l'abandon des ressources fossiles. Il a qualifié le gaz naturel de "carburant de transition essentiel", s'appuyant sur des rapports internationaux qui prévoient le maintien de la demande mondiale en pétrole et en gaz jusqu'en 2050. Il a souligné que ces ressources continueraient à jouer un rôle clé dans la sécurité énergétique mondiale.

Cette vision se concrétise à travers des projets structurants tels que le gazoduc transsaharien qui reliera le Nigeria, le Niger et l'Algérie. Le ministre a présenté cette infrastructure comme un symbole d'intégration énergétique africaine, précisant qu'elle pourrait acheminer jusqu'à 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an vers le marché européen.

Il a par ailleurs rappelé le lancement en juin 2025 de l'"Algeria Bid Round", une série d'appels d'offres qui a conduit à la signature de cinq permis d'exploration avec des compagnies internationales. Parmi les entreprises retenues figurent Qatar Energy, Eni, Sinopec et TotalEnergies, pour un investissement total supérieur à un milliard de dollars. Ces partenariats s'inscrivent dans la stratégie d'ouverture du secteur aux investisseurs étrangers.

Engagements environnementaux et diversification minière

Parallèlement aux investissements dans les hydrocarbures, le ministre a rappelé les engagements écologiques de l'Algérie. Il a évoqué un programme de réduction des émissions de carbone et de méthane, incluant les efforts de Sonatrach pour ramener le taux de torchage du gaz à moins de 1 % d'ici 2030. Un projet national de reboisement de 520 000 hectares a également été mentionné.

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La stratégie de diversification a été illustrée par des projets miniers stratégiques. Mohamed Arkab a cité le gisement de Gara Djebilet et le projet intégré du phosphate. Ces initiatives visent à diversifier l'économie nationale, à créer de la valeur et à favoriser le transfert de technologies, selon ses déclarations.

Sonatrach, un acteur régional tourné vers l'innovation

Le président-directeur général de Sonatrach, Rachid Hachichi, a réaffirmé la volonté de l'Algérie de renforcer son rôle de pont énergétique entre l'Afrique et l'Europe. Il a déclaré que par sa position géographique et son expérience, le pays constituait un trait d'union naturel entre les deux continents. Sonatrach s'emploie à renforcer la coopération avec les pays africains dans les domaines de l'exploration, de la production et de la formation.

Rachid Hachichi a également mis en avant les efforts de modernisation technologique du groupe. Il a cité la numérisation, l'intelligence artificielle et la valorisation des données industrielles comme des leviers essentiels. Il a aussi évoqué les projets liés à la capture, au stockage et à la réutilisation du CO2, tout en insistant sur la nécessité de trouver un équilibre entre les énergies du présent, comme les hydrocarbures, et celles de l'avenir, comme l'hydrogène vert et le solaire.

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