L'Algérie s'appuie sur les Russes et les Chinois pour développer son agriculture

L’Algérie intensifie ses démarches de coopération économique internationale en orientant ses efforts vers un secteur jugé prioritaire : l’agriculture. Ces derniers jours, le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche a multiplié les rencontres avec des partenaires venus de Russie et de Chine, avec pour objectif de structurer des partenariats stratégiques autour du développement agricole.

Le ministre Yacine Oualid a accueilli à Alger plusieurs délégations économiques, selon un communiqué de son département publié sur sa page Facebook. Parmi elles, Stefan Duerr, fondateur du groupe russe Eko Niva, spécialisé dans la production agricole, s’est entretenu avec les autorités algériennes sur les perspectives d’investissement au sud du pays. Cette région, dotée d’un fort potentiel naturel, intéresse les Russes pour ses ressources en terres et en eau, encore peu exploitées à grande échelle.

Parallèlement, le ministre a également reçu une délégation de l’entreprise publique chinoise XPCC (Xinjiang Production and Construction Corps), emmenée par Zhang Wensheng, représentant du Parti communiste chinois. La Chine a mis en avant son savoir-faire technologique dans l’agriculture moderne, notamment en matière d’irrigation, de lutte contre la désertification et de semences adaptées aux climats arides.

Économie Algérie-Tunisie : les échanges commerciaux bondissent de 166 % en cinq ans

Algérie : transferts technologiques et coopération scientifique

Les deux rencontres ont permis de poser les bases de mécanismes de coopération concrets. Alger propose de créer des ponts entre les instituts de recherche algériens et leurs homologues russes et chinois, avec pour objectif de renforcer la capacité scientifique locale et de moderniser les pratiques agricoles.

En plus de l’investissement matériel, il est question de transfert de compétences, de formation de personnel et d’adoption de technologies agricoles de pointe. L’Algérie espère ainsi réduire sa dépendance aux importations alimentaires tout en posant les fondations d’un système productif national plus efficace et plus résilient.

Une stratégie alignée avec la diversification économique

Ces partenariats s’inscrivent dans une logique de diversification économique voulue par Alger. Longtemps dominée par les hydrocarbures, l’économie algérienne cherche à s’ouvrir à d’autres moteurs de croissance. L’agriculture, en raison de ses capacités d’emploi et de ses retombées locales, est perçue comme un levier central.

Économie L’Algérie exporte 26 000 tonnes de ce produit vers les États-Unis

Le gouvernement met en avant des incitations fiscales, un accès au foncier facilité et une meilleure structuration de la chaîne logistique pour attirer les investisseurs étrangers. La géographie de l’Algérie, située aux portes de l’Europe et de l’Afrique subsaharienne, est également présentée comme un atout stratégique.

L’ouverture à la Russie et à la Chine marque une volonté de multiplier les partenariats non occidentaux, tout en capitalisant sur des modèles agricoles déjà éprouvés. Pour l’Algérie, il s’agit moins d’importer des solutions clés en main que de co-construire un nouveau modèle de production adapté à ses spécificités climatiques, économiques et sociales.


Vous aimez cet article ? Partagez !