L'exportation du blé français vers l'Algérie a longtemps été une pratique courante. Cependant, alors que l'Algérie n'achète plus du blé français, des préoccupations ont émergé concernant la présence de cadmium dans ce blé, un métal toxique qui pourrait avoir des effets néfastes sur la santé des Algériens.
Le cadmium, qui peut s'accumuler dans l'organisme à travers l'alimentation, est présent dans les sols via l'utilisation d'engrais contenant ce métal. Ce phénomène soulève des questions sur les risques associés à la consommation de blé français importé par l'Algérie.
Le cadmium dans le blé français
Le cadmium est un métal lourd qui peut être présent dans les produits alimentaires, y compris le blé, en raison de la contamination des sols par des engrais. Ce métal est particulièrement préoccupant car il s'accumule dans le corps humain avec le temps. Dans une contribution publiée dans le Quotidien d'Oran, le professeur Abbes Mizane, professeur à l’Université Badji Mokhtar d'Annaba, affirme que dans le cas du blé français, le cadmium est présent en quantités suffisamment élevées pour susciter des inquiétudes concernant la santé publique. Le pain, produit de base dans l'alimentation quotidienne, est l'une des principales sources de contamination par le cadmium.
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Arthur Portier, analyste du marché céréalier chez Argus Media France, mentionne que l’Algérie était historiquement un important acheteur de blé français. "On avait un vieil accord tacite: on achetait du gaz algérien et l'Algérie du blé français", déclare-t-il. Cette relation commerciale a duré pendant plusieurs décennies, mais la situation a changé depuis quelques mois.
Le cadmium dans le blé provient principalement des engrais utilisés pour la culture des céréales. Ces engrais, souvent importés de pays comme le Maroc, contiennent des niveaux de cadmium plus élevés que ceux trouvés dans d'autres sources de fertilisation. Une fois absorbé par les plantes, le cadmium finit par se retrouver dans les produits alimentaires consommés par les humains.
Risques graves pour la santé
Les effets du cadmium sur la santé humaine sont bien documentés. Ce métal est considéré comme cancérigène et peut causer une série de problèmes de santé, notamment des maladies osseuses comme l'ostéoporose, des troubles rénaux, des troubles de la reproduction, et un risque accru de cancers, y compris ceux du pancréas, des reins, des poumons, du sein et de la prostate. Le cadmium est particulièrement dangereux pour les enfants, dont l'organisme est plus vulnérable à l'accumulation de ce métal.
Les Unions régionales des professionnels de santé-Médecins Libéraux (URPS) ont alerté sur le fait que plus d’un tiers des enfants de moins de trois ans dépassent la dose tolérée de cadmium chaque jour. "Le cadmium est un produit extrêmement toxique, cancérigène, qui altère la fertilité, des troubles cardio-vasculaires, qui favorise des cancers", a expliqué Pierre Souvet, cardiologue. Le cadmium se retrouve dans des produits alimentaires courants tels que les céréales du petit-déjeuner, les pains et leurs dérivés, ainsi que les pommes de terre.
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L'importation de phosphates marocains utilisés pour fabriquer des engrais contenant du cadmium a été une autre source de préoccupation. Selon le député français Tristan Lahais, le phosphate marocain, utilisé dans la production d'engrais, présente des teneurs en cadmium beaucoup plus élevées que celles des autres pays producteurs de phosphate. Les engrais contenant du cadmium se retrouvent ensuite dans les produits alimentaires, y compris le blé français, ce qui entraîne une exposition continue au cadmium pour les consommateurs.
Le phosphate marocain mis en cause
Face à ces préoccupations, certaines entreprises, comme OCP Nutricrops, une filiale de l'entreprise marocaine des phosphates, ont annoncé des efforts pour réduire la teneur en cadmium dans les engrais. En juin 2025, l'entreprise a déclaré avoir abaissé cette teneur à moins de 20 mg/kg de P2O5, un seuil trois fois inférieur à la norme européenne de 60 mg/kg de P2O5. Cependant, des doutes subsistent sur la faisabilité de cette réduction à grande échelle, car les méthodes utilisées pour éliminer le cadmium n'ont pas encore été largement industrialisées.
En revanche, le phosphate algérien est présenté comme une alternative plus sûre. Le gisement de phosphate de Djebel Onk, en Algérie, ne contient pas de niveaux élevés de cadmium, ce qui pourrait réduire la dépendance du pays à l'égard des engrais importés. Le Dr Bert Quin, créateur de QUINFERT en Nouvelle-Zélande, a déclaré que le phosphate algérien "possède l'un des niveaux de cadmium les plus bas" et a exprimé son intention de l'importer.
Ainsi, bien que des efforts soient déployés pour réduire l'exposition au cadmium dans l'alimentation, le débat sur les risques du blé français pour la santé des Algériens reste un sujet d'inquiétude, en particulier en ce qui concerne l'impact sur les enfants.
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