Le prix des billets d’avion au départ des aéroports franciliens pourrait augmenter dans le cadre du projet de loi de finances 2026. Cette évolution résulte de la recherche par l’État d’une nouvelle source de financement pour Île-de-France Mobilités (IDFM), l’autorité organisatrice des transports publics en région parisienne.
La suppression de la majoration de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE), appliquée aux carburants, prive IDFM d’une recette annuelle de 88 millions d’euros. Cette disparition découle d’une mise en conformité avec le droit européen. Depuis 2016, cette recette figurait dans un protocole d’accord entre l’État et IDFM. Le gouvernement s’est engagé à compenser cette perte à partir de 2026, avec des propositions de nouvelles taxes destinées à assurer un financement pérenne du réseau de transports francilien.
Le projet de loi de finances 2026 inclut une première mesure : une majoration de la taxe régionale sur les certificats d’immatriculation des véhicules, dite « carte grise ». Cette taxe additionnelle serait fixée à 12 euros pour 2026, avec une possible variation jusqu’à 13 euros les années suivantes. Selon le texte, cette contribution reposerait sur la puissance fiscale des véhicules, ciblant davantage les modèles polluants.
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Une taxe sur les billets d’avion
Cette proposition fait l’objet de critiques de la part d’Île-de-France Mobilités et de la Région Île-de-France. L’autorité indique que « Île-de-France Mobilités et la Région Île-de-France sont opposées à la surtaxe sur la carte grise, car elle réduit la marge de manœuvre de la Région Île-de-France, premier contributeur au financement d’Île-de-France Mobilités, sur une ressource fiscale qui lui est propre ». Le groupe de la Gauche, communiste, écologiste et citoyenne, souligne que cette taxe fragiliserait les entreprises automobiles et les habitants dépendants de la voiture, en rappelant la situation de l’usine Renault de Flins, actuellement à l’arrêt temporaire.
Face à ces critiques, le député des Hauts-de-Seine Philippe Juvin, membre du parti Les Républicains, propose un amendement introduisant une taxe spécifique sur les billets d’avion. Ce dispositif prévoit une contribution forfaitaire d’un euro par passager, hors correspondance, pour tout vol au départ des aéroports franciliens. Philippe Juvin explique cette mesure comme un moyen d’assurer une recette dédiée à Île-de-France Mobilités. Selon les rapporteurs du projet, cette taxe présenterait un caractère prévisible et faiblement cyclique.
Une contribution similaire existe déjà à l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle, où un prélèvement maximum de 1,40 euro par voyageur a été instauré en 2016 pour financer la construction du Charles-de-Gaulle Express, la liaison ferroviaire directe entre l’aéroport et Paris.
Autres pistes de financement évoquées
Les représentants de la gauche défendent une alternative consistant à relever la taxe de séjour applicable aux hébergements touristiques. Cette mesure porterait le plafond pour les hôtels trois étoiles et plus de 7,50 euros à 10 euros par nuitée. Selon les estimations communiquées, cette augmentation pourrait générer jusqu’à 120 millions d’euros de recettes annuelles. Les élus à l’origine de cette proposition estiment que « quand on a les moyens de dormir dans un trois étoiles ou des palaces, on peut ajouter 10 euros par nuit ».
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Dans un courrier daté du 10 juillet 2025, les ministres de l’Économie et des Transports ont confirmé l’engagement de l’État à compenser la perte de recettes de l’autorité régionale. Ils précisent que « le gouvernement proposera au Parlement, en articulation avec les leviers existants, des leviers de nouvelles ressources pérennes pour couvrir le besoin estimé à 84 millions d’euros à partir du 1er janvier 2026 ».
L’article du projet de loi relatif à la taxe sur les cartes grises a été rejeté en commission le 21 octobre 2025. Il doit toutefois être réexaminé lors du débat à l’Assemblée nationale. En attendant, les propositions de taxe sur les billets d’avion et sur la taxe de séjour demeurent à l’étude. Leur adoption pourrait influencer le prix final des billets d’avion en France dès 2026.