Nucléaire : l'Algérie coopère avec la Russie

Une conférence bilatérale sur les applications non électriques de l’énergie nucléaire s’est ouverte à Alger, marquant une nouvelle étape dans le rapprochement énergétique et technologique entre l’Algérie et la Russie.

Organisée au siège du ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables, la conférence a été inaugurée par le ministre Murad Adjal en présence de nombreux responsables algériens et d'experts russes de l’entreprise publique Rosatom. Ce partenariat se concentre notamment sur le développement des usages médicaux du nucléaire.

La lutte contre le cancer a été identifiée comme une priorité nationale. Le président Abdelmadjid Tebboune a orienté les investissements nucléaires vers le domaine de la santé, en particulier pour le traitement par radiothérapie et la production locale de produits pharmaceutiques radioactifs. Cette stratégie vise à renforcer l’autonomie du pays en matière de soins et à réduire les délais d’attente pour les patients.

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Algérie : des usages civils élargis et un transfert de technologies

Au-delà du domaine médical, les discussions ont porté sur l’utilisation du nucléaire civil dans des secteurs variés comme l’agriculture, la gestion des ressources hydriques ou encore la production industrielle. Le ministre a souligné l’intérêt pour des applications telles que la désalinisation de l’eau de mer, l’un des grands enjeux du pays face à la sécheresse.

La rencontre a aussi permis d’aborder les réacteurs modulaires de petite taille, une technologie en cours de développement par Rosatom. Ces unités pourraient à terme être utilisées en Algérie pour la production d’électricité dans des zones isolées, ou en appui aux besoins industriels locaux.

L’accent a été mis sur la formation et le transfert de compétences, l’Algérie souhaitant s’appuyer sur l’expertise russe pour développer ses capacités nationales. La mise en place de programmes conjoints de recherche, de formation technique et de coopération académique fait partie des objectifs identifiés.

une stratégie nucléaire aux visées économiques

L’objectif affiché par les autorités algériennes est de réduire la dépendance aux importations dans un domaine stratégique, tout en bâtissant une filière nucléaire civile autonome et durable. En s’associant à Rosatom, qui dispose d’une large expérience à l’international, l’Algérie cherche à sécuriser ses chaînes d’approvisionnement, notamment pour les isotopes médicaux, tout en bénéficiant d’un accompagnement technologique structuré. Cette initiative s’inscrit dans un cadre plus large de coopération historique entre l’Algérie et la Russie, réactivée ces dernières années sur les plans militaire, énergétique et scientifique.

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La conférence, qui s'étale sur deux jours, réunit également des représentants d’organismes nationaux clés, comme la Commission de l’énergie atomique, l’Agence nationale de sécurité sanitaire, ainsi que l’Autorité de sûreté nucléaire. Leur présence témoigne de la volonté d’encadrer ce développement nucléaire dans un cadre rigoureux et sécurisé. Ce rapprochement algéro-russe pourrait marquer un tournant dans l’intégration du nucléaire civil dans les politiques publiques du pays.


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