Algérie : exportations en baisse, importations en forte hausse au 1er semestre 2025

Le commerce extérieur de l’Algérie a connu une évolution contrastée au premier semestre 2025, selon les données publiées par l’Office national des statistiques (ONS). Les exportations ont reculé, principalement en raison de la baisse des revenus issus des hydrocarbures, tandis que les importations ont fortement augmenté, portées par la hausse des achats de biens d’équipement et de produits alimentaires.

Selon l’ONS, la valeur totale des exportations a diminué de 8,5 % entre janvier et juin 2025, comparée à la même période de 2024. Cette baisse s’explique par un recul combiné des volumes (-1,2 %) et des prix (-7,4 %). Les exportations d’hydrocarbures, qui représentent toujours plus de 90 % des ventes à l’étranger, ont été les plus affectées, avec une diminution des prix (-8,2 %) et des volumes (-2,1 %).

À l’inverse, les exportations hors hydrocarbures ont progressé de 11,8 % en valeur, soutenues par une hausse de 8,6 % en volume et de 3 % des prix. Cette amélioration reste cependant insuffisante pour compenser le recul global provoqué par la baisse des recettes énergétiques.

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Forte hausse des importations et aggravation du déficit

Sur la même période, les importations ont augmenté de 24,8 %, atteignant 3767 milliards de dinars, contre 3018 milliards au premier semestre 2024. Cette progression est principalement due à la hausse des achats de biens d’équipement, de produits alimentaires et de machines industrielles, dont la demande reste soutenue sur le marché national.

Cette évolution a conduit à un déficit commercial de 711,5 milliards de dinars, contre un excédent de 256 milliards enregistré à la même période l’année précédente. Le taux de couverture des importations par les exportations s'est établi à 81,1 %, contre 111 % en 2024, traduisant une dégradation notable de la balance commerciale.

Dépendance persistante aux hydrocarbures

Les hydrocarbures demeurent la principale source de devises pour l’Algérie. La baisse des cours mondiaux du pétrole et du gaz a directement pesé sur les recettes d’exportation, révélant la vulnérabilité du commerce extérieur algérien face à la conjoncture énergétique internationale.

Certains secteurs non énergétiques affichent néanmoins des signes positifs, notamment les machines et matériels de transport (+27,6 %), les matières premières non comestibles (+5,4 %) et les produits chimiques (+3,5 %). En revanche, les produits alimentaires et animaux vivants ont vu leurs prix reculer de 8,4 %, freinant la progression des exportations hors hydrocarbures.

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Perspectives et défis à venir

Ces résultats confirment la fragilité structurelle du commerce extérieur algérien. Malgré les efforts engagés pour diversifier les sources de revenus, la dépendance aux hydrocarbures et la forte demande intérieure en biens importés continuent de peser lourdement sur la balance des paiements.

Les autorités algériennes ont réaffirmé leur volonté de soutenir les exportations hors hydrocarbures, notamment par le biais d’incitations fiscales, du développement industriel et de nouveaux partenariats régionaux. L’objectif est de réduire progressivement le déficit commercial et de renforcer la résilience économique du pays face aux fluctuations du marché mondial.


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