Le paiement sans carte est un projet en préparation pour l’Algérie. Dès 2026, les usagers et les commerçants pourront bénéficier de nouvelles fonctionnalités proposées par l’application Baridi Mob, développée par Algérie Poste.
Ces services viseront à faciliter les transactions électroniques en éliminant la nécessité d’utiliser une carte bancaire physique. Cette avancée s’inscrit dans une série d’innovations destinées à moderniser les paiements en Algérie et à encourager l'adoption des transactions numériques.
Des services numériques intégrés dans Baridi Mob
Lors de sa présentation à l’Assemblée populaire nationale (APN), le ministre de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerrouki, a annoncé que l’application Baridi Mob intégrerait, à partir de 2026, de nouveaux services permettant de réaliser des paiements sans carte. Ces services incluront une carte de paiement virtuelle directement intégrée dans l’application, ainsi qu’un terminal de paiement virtuel (TPE), entièrement numérique. Ces outils visent à simplifier les paiements pour les commerçants et les consommateurs, réduisant ainsi les obstacles liés à l’usage de cartes physiques.
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Le TPE virtuel est particulièrement destiné à éliminer la dépendance des commerçants vis-à-vis des équipements de paiement traditionnels. Selon Sid Ali Zerrouki, « le commerçant n’aura plus d’excuse liée au manque de TPE, et le client ne pourra plus se retrouver bloqué en ayant oublié sa carte. Tout sera dans le téléphone ». Cette approche numérique devrait rendre les paiements plus accessibles et efficaces, notamment pour les commerçants de proximité.
Des comptes « Cashless » pour les commerçants
Une autre nouveauté importante concerne l’introduction de comptes virtuels destinés aux commerçants. Ces comptes, appelés « Cashless », permettront aux professionnels de se débarrasser totalement de l’argent liquide. En offrant des solutions intégrées de gestion financière et de paiement électronique, ces comptes faciliteront non seulement les transactions, mais aussi le suivi fiscal par les autorités. Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large de promotion de l’économie numérique et de réduction de l’usage des espèces, qui reste encore important dans certaines transactions commerciales en Algérie.
Les comptes Cashless devraient également simplifier le travail des services du ministère des Finances et de l’administration fiscale. Ces solutions permettront une traçabilité améliorée des paiements et pourraient jouer un rôle dans la lutte contre l’informel, une problématique toujours présente dans le secteur commercial en Algérie.
Les enjeux du paiement électronique en Algérie
Malgré des efforts continus pour promouvoir le paiement électronique, de nombreux obstacles subsistent, notamment l’accessibilité des équipements physiques de paiement. Les terminaux de paiement électroniques (TPE) traditionnels sont coûteux et leur distribution reste limitée, en particulier dans les zones rurales ou les petits commerces. Cette situation a retardé l’adoption généralisée des paiements sans carte, malgré les campagnes de sensibilisation menées par les autorités algériennes.
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Le paiement sans carte devrait permettre de surmonter ces défis, en offrant aux commerçants une solution numérique plus simple et plus économique. De plus, cette évolution pourrait participer à l’accélération de l’adoption des paiements en ligne et mobiles dans le pays, qui connaissent déjà une dynamique de croissance importante. Selon les données du GIE Monétique, en 2024, le nombre d'opérations réalisées via des paiements électroniques a atteint 5,2 millions en sept mois, pour un montant total de 47,2 milliards de dinars.
La modernisation des paiements en Algérie
Le secteur des paiements électroniques en Algérie est en pleine expansion. Le nombre de cartes de paiement a atteint 20,7 millions d’unités, et les transactions en ligne et via mobile continuent de croître. Cette tendance reflète un changement dans les comportements des consommateurs et une adoption progressive des solutions numériques. La mise en place du paiement sans carte devrait ainsi s’inscrire dans un contexte où les transactions dématérialisées deviennent de plus en plus courantes.
Les autorités algériennes visent à aligner le pays sur les normes internationales en matière de services financiers numériques. Ces efforts devraient également renforcer la transparence des transactions et soutenir la lutte contre l’économie informelle, un secteur important dans l'économie du pays. Avec l’introduction de la carte de paiement virtuelle et du TPE virtuel, le paiement sans carte pourrait devenir une norme dans les années à venir, marquant ainsi un tournant dans l’évolution des services financiers en Algérie.
