La croissance démographique de la France repose désormais principalement sur les arrivées de migrants. C'est ce que révèle le dernier rapport de l'Institut national d'études démographiques (INED). Les données montrent un équilibre précaire, où la faiblesse des naissances est compensée par un solde migratoire positif.
Selon la chronique de conjoncture démographique de l'INED publiée mardi16 décembre 2025, la population française s'élevait à 68 605 616 habitants au 1er janvier 2025, dont 66 351 959 en métropole. Ce chiffre représente une augmentation de 0,25 % par rapport à l'année précédente. L'institut précise que cette croissance annuelle « n’a jamais été aussi faible depuis la Seconde Guerre mondiale ».
Cette hausse minimale dissimule un effondrement du solde naturel, qui correspond à la différence entre les naissances et les décès. Pour l'année 2024, ce solde n'était que de +2 000 personnes pour l'ensemble du territoire (663 000 naissances pour 661 000 décès). En métropole seule, le chiffre était de 629 000 naissances pour 627 000 décès. Cela représente seulement 0,2 naissance de plus que de décès pour 1 000 habitants, un équilibre extrêmement ténu.
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L'effondrement continu de la natalité française
Le principal facteur explicatif de cette stagnation est la baisse persistante du nombre de naissances. En 2010, la France enregistrait 833 000 naissances sur l'ensemble de son territoire. En 2024, ce chiffre est tombé à environ 663 000, marquant une diminution de 20 % en quatorze ans. Le taux de fécondité suit cette tendance, s'établissant à 162 enfants pour 100 femmes en 2024 (1,62 enfant par femme). En France métropolitaine, il est de 159,2 (1,59 enfant).
⚰️Plus de décès que de naissances en France
Maxime Sbaihi, économiste : "Ce qui est surprenant, c'est l'effondrement des naissances depuis 2010. C'est central parce que la France a tout bâti sur la démographie et la répartition. L'immigration est une des solutions" #GGRMC pic.twitter.com/l07yYFgsNb
— Les Grandes Gueules (@GG_RMC) December 16, 2025
Pour contextualiser, ce taux de fécondité était au-dessus de 200 enfants pour 100 femmes en 2011 (202,9 pour l'ensemble du territoire, 201,6 pour la métropole). Parallèlement, l'INED note une progression des interruptions volontaires de grossesse (IVG), avec 252 000 opérations recensées en 2024, soit 8 000 de plus qu'en 2023. L'institut indique que « quatre IVG sur cinq sont médicamenteuses, une proportion qui ne cesse de croître ».
Le solde migratoire, moteur essentiel de la croissance
Face à un solde naturel quasi nul, la croissance de la population française « tient presque essentiellement à un solde migratoire positif », selon les termes du rapport. En 2024, le solde migratoire (différence entre les immigrations et les émigrations) a été de +152 000 personnes pour la France entière, et de +160 000 pour la seule métropole.
L'INED fournit des détails sur l'origine de ces flux. En 2024, 343 000 premiers titres de séjour ont été délivrés. Les motifs principaux étaient les études (32 % des titres) et le regroupement familial (26 %). Les titres délivrés pour des motifs humanitaires ont concerné 54 514 personnes, un niveau comparable à celui de 2019. Ces chiffres confirment le rôle structurel de l'immigration dans le maintien de la population.
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Une transformation profonde de la pyramide des âges
Le rapport de l'INED met également en lumière une transformation durable de la structure par âge de la population française. En 2025, la part des jeunes de 0 à 19 ans dans la population totale est descendue à 22,9 %, contre 23,2 % en 2024 et 24,8 % en 2010. Cette proportion n'a jamais été aussi faible depuis le début des calculs de l'institut en 1901.
Dans le même temps, la part des personnes âgées de 60 ans et plus ne cesse de croître. Elle atteint 28 % de la population totale en 2025, contre 27,6 % en 2024 et 22,6 % en 2010. Ce vieillissement est lié à la hausse de l'espérance de vie, mais aussi au ralentissement marqué des naissances observé depuis une quinzaine d'années. L'INED alerte sur le fait que la France « risque de perdre prochainement son statut, unique en Europe, de pays où la descendance finale assure encore le renouvellement des générations ».
