L’Algérie, autrefois considérée comme un importateur d’acier, se transforme rapidement en un acteur clé sur la scène mondiale. Grâce à des investissements massifs et des innovations technologiques, elle s’impose désormais avec son acier vert, un acier à faibles émissions. Cependant, malgré cette dynamique, le marché européen reste un défi à cause des quotas d’importation qui limitent l’accès aux producteurs algériens.
Ces dernières années, l’industrie sidérurgique algérienne a connu une véritable révolution. En 2025, l’usine Tosyali Algérie à Oran a atteint un record mondial en produisant 2,43 millions de tonnes de fer préréduit (DRI), un type d’acier particulièrement respectueux de l’environnement. Grâce à des technologies de pointe, cette usine est désormais l’une des plus grandes au monde à fonctionner en grande partie avec des biocombustibles, et elle peut même passer à une production 100% hydrogène si nécessaire.
Le modèle mis en place par Tosyali Algérie est un exemple de ce qui se fait de mieux en matière de production d’acier durable. Certifiée Responsible Steel, l’usine a fait de la réduction de son empreinte carbone une priorité. De son côté, Algerian Qatari Steel (AQS), à Bellara, suit une stratégie similaire, utilisant également le procédé DRI pour produire de l’acier avec moins d’impact sur l’environnement. Cette transition technologique permet à l’Algérie de ne plus produire uniquement pour son marché intérieur, mais aussi pour l’exportation, avec des produits d’une qualité qui attire les demandes internationales.
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L’Europe, un grand marché difficile d’accès
L’Algérie, qui se positionne aujourd’hui comme un important producteur d’acier vert, fait face à une restriction majeure : les quotas d’importation européens. Ces quotas sont alloués dans le cadre de l’accord sur la production d’acier (CPA), mais ils sont nettement insuffisants pour répondre à la demande. Alp Topcuoglu, vice-président de Tosyali Algérie, a exprimé son mécontentement en déclarant que les quotas attribués à l’Algérie sont épuisés en une semaine, alors que toute l’Europe cherche à se fournir à partir de ce site.
Cette situation met en lumière l’écart entre la capacité de production de l’Algérie et son accès au marché européen. Le pays pourrait facilement fournir davantage d’acier de qualité, mais se trouve limité par des quotas stricts, freinant ainsi son potentiel de croissance et l’expansion de ses exportations.
Une offensive diplomatique pour augmenter les quotas
Consciente de l’importance de l’Europe pour son développement, l’Algérie a intensifié ses efforts diplomatiques. Lors du Forum économique mondial de Davos en 2026, Fuat Tosyalı, président du conseil d’administration de Tosyali Holding, a directement adressé un appel à l’Union européenne.
Selon lui, l’UE doit envisager une augmentation des quotas d’importation pour les producteurs d’acier à faibles émissions, comme l’Algérie et la Turquie. Cette proposition repose sur l’idée que l’acier algérien, grâce à ses faibles émissions de carbone, peut contribuer à la réduction de l’empreinte écologique de l’Europe.
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Des atouts naturels pour soutenir la production
L’Algérie possède de nombreuses ressources naturelles qui lui confèrent un avantage certain dans la production d’acier. Le gisement de fer de Gara Djebilet, avec ses réserves de plus de 3,5 milliards de tonnes, est l’une des plus grandes ressources mondiales, offrant un approvisionnement stable pour les aciéries algériennes. De plus, l’Algérie bénéficie d’un coût de production compétitif grâce à ses ressources en gaz naturel, ce qui rend son acier plus abordable par rapport à d’autres pays producteurs.
La combinaison de ces ressources et de technologies avancées place l’Algérie dans une position idéale pour satisfaire la demande croissante d’acier durable en Europe. Si les quotas d’importation sont revus, le pays pourrait devenir un fournisseur incontournable pour l’industrie sidérurgique européenne.
Vers un partenariat solide
L’Algérie est prête à devenir un partenaire clé pour l’Europe, non seulement en raison de sa proximité géographique, mais aussi grâce à ses capacités de production d’acier à faibles émissions et à ses coûts compétitifs. La révision des quotas d’importation pourrait permettre à l’Algérie de jouer un rôle essentiel dans la transition énergétique de l’Europe, en fournissant des matériaux durables à un prix compétitif.
L’Algérie dispose des ressources, des technologies et de la volonté de se positionner comme un fournisseur de premier plan. Le gouvernement algérien continue de négocier pour accroître l’accès au marché européen, un objectif qui pourrait renforcer les relations industrielles et énergétiques entre les deux régions.
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