Relations Algérie-France : "Tout est rompu", met en garde Ségolène Royal (Vidéo)

Les relations entre la France et l’Algérie, marquées par des tensions persistantes, sont au centre des préoccupations de l’ex-candidate à la présidentielle et présidente de l’association France-Algérie, Ségolène Royal. Lors de son intervention sur TF1, ce lundi 2 février 2026, Ségolène Royal a lancé un appel urgent à la réconciliation entre les deux nations, tout en soulignant que la situation actuelle pourrait conduire à une rupture définitive des relations si des gestes concrets ne sont pas faits.

Dans son intervention sur la chaîne TF1, Ségolène Royal a tiré la sonnette d'alarme de cette situation de blocage multidimensionnel dans les relations entre la France et l'Algérie. Que ce soit dans le domaine économique que celui diplomatique et consulaire qui a vu le rappel des ambassadeurs des deux pays et la fragilisation des relations consulaires.

« Vous savez que tout est rompu. Non seulement les relations économiques, avec des exportateurs qui souffrent. Je vois par exemple dans le domaine agricole, les céréaliers et les exportateurs de bovins, toutes les exportations ont été interrompues. Les relations diplomatiques ont été interrompues puisque les ambassadeurs ont été rappelés. Les relations consulaires qui permettent de contrôler justement les mouvements migratoires ont été extrêmement fragilisés, puisque des personnels ont été retirés », a-t-elle estimé, quelques jours après sa visite en Algérie où elle a été reçue par le Chef de l'Etat algérien, Abdelmadjid Tebboune et où elle a été autorisée à rendre visite au journaliste emprisonné Christophe Gleizes.

Politique Crise de Ceuta : la visite de Tebboune en Espagne reportée

Algérie-France : Royal dénonce le virage pris par Macron

Selon l’ancienne ministre socialiste, les conséquences de la colonisation française en Algérie, qui s’est prolongée de 1830 à 1962, n’ont jamais été pleinement reconnues. Elle a insisté sur le fait que la France devait faire un geste de réconciliation et de reconnaissance, et ce, pour éviter un délitement irréversible des liens diplomatiques. Royal a précisé que, contrairement à d’autres pays colonisateurs, la France n’a pas encore présenté d’excuses ou de reconnaissance officielle envers l'Algérie pour les souffrances causées durant la colonisation.

Dans son discours, Ségolène Royal a critiqué le virage pris par Emmanuel Macron depuis sa déclaration en 2017, où il avait qualifié la colonisation de "crime contre l’humanité". Bien que cette prise de position ait été saluée par une partie de l’opinion publique, elle a été suivie par des changements de ton et des hésitations qui ont refroidi les relations entre les deux pays. Royal a souligné que ces incohérences ont été perçues comme une trahison par les Algériens.

La situation est d’autant plus tendue que la crise diplomatique entre les deux pays s’est intensifiée en raison de la question du Sahara occidental, où la France a reconnu un plan d’autonomie sous souveraineté marocaine. Cette décision a exacerbé les tensions, l’Algérie soutenant l'idée d'autodétermination du peuple sahraoui, conformément aux résolutions de l'ONU. En parallèle, les différends autour de la situation du journaliste Christophe Gleizes et le diplomate algérien détenu en France, ont également alimenté les conflits.

Politique Maroc : ce que l’on sait des tensions rapportées autour du palais de Mohammed VI

Laurent Nunez doit se rendre à Alger

Ségolène Royal a également critiqué la position du ministre de l’Intérieur français, Laurent Nunez, qui avait posé des conditions pour sa visite en Algérie. Elle a insisté sur le fait que "poser des conditions, c’est clairement montrer qu’on ne veut pas y aller", en appelant à une approche plus respectueuse et à un dialogue sans préjugés.

Ségolène Royal a prévenu que sans une véritable initiative de réconciliation, la France risquait de perdre définitivement son influence en Algérie, ce qui aurait des conséquences dramatiques pour les relations bilatérales et pour l’avenir des jeunes générations des deux pays. La situation actuelle des relations entre la France et l’Algérie nécessite une prise de conscience rapide et des actions concrètes pour éviter l’effritement total des liens diplomatiques.

« Nous devons cette réconciliation aux jeunes générations. (...) Aujourd'hui, il faut bien prendre conscience que l'Algérie évolue et que des partenariats arrivent et qu'un jour, il sera trop tard pour la France, pour nouer ces partenariats, parce que les places seront prises et parce que l'Algérie aura attendu longtemps ce geste de réconciliation », a ajouté Ségolène Royal sur le plateau de La Matinale de TF1.


Vous aimez cet article ? Partagez !