Pétrole et gaz : comment l’Algérie tire profit de la crise du Golfe

L’Algérie profite de la crise énergétique déclenchée fin février 2026 au Moyen-Orient, qui a provoqué des perturbations importantes dans le secteur pétrolier et gazier mondial. Dans ce contexte, l’Algérie a vu ses perspectives évoluer, tirant avantage de l’augmentation des prix du pétrole et du gaz et des difficultés rencontrées par les pays du Golfe.

La guerre lancée fin février 2026 contre l’Iran, suivie de frappes visant plusieurs installations énergétiques dans le Golfe, a entraîné des perturbations importantes sur les marchés pétroliers et gaziers. En l’espace de quelques semaines, les prix du pétrole ont fortement augmenté, passant d’une fourchette de 60 à 70 dollars le baril à plus de 90 dollars. À certains moments, les cours ont même atteint 120 dollars le baril.

Le marché du gaz a également été affecté, notamment en Europe. Les prix sont passés d’environ 31 euros par mégawattheure à 45 euros, avec des pics dépassant 62 euros durant certaines périodes. Ces fluctuations ont été liées à l’incertitude concernant les approvisionnements et aux tensions dans la région du Golfe.

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Parallèlement, plusieurs infrastructures énergétiques ont été touchées. Des installations à Ras Laffan, au Qatar, ont été affectées, entraînant l’interruption d’environ 17 % des exportations de gaz naturel liquéfié. Les pertes ont été estimées à près de 20 milliards de dollars par an, avec une période de réparation prévue entre trois et cinq ans. D’autres installations ont également été visées, notamment la raffinerie de Sitra, à Bahreïn, la raffinerie de Ras Tanura, en Arabie saoudite, et le complexe de Habshan, aux Émirats arabes unis.

L’Algérie accélère ses projets pétroliers et gaziers

Dans ce contexte, l’Algérie a intensifié ses activités dans le secteur des hydrocarbures. En février 2026, la compagnie nationale Sonatrach a annoncé le lancement du plus grand programme de forage de son histoire. Ce plan prévoit le forage de 500 puits d’exploration et le développement de 950 puits de production.

Le programme comprend également l’extension des campagnes sismiques en deux et trois dimensions, ainsi que l’analyse de nouvelles données géologiques. Ces initiatives visent à augmenter la production et les exportations d’hydrocarbures dans les années à venir.

Par ailleurs, Sonatrach a signé en 2025 un accord avec la société saoudienne Medad Energy pour explorer le bassin d’Illizi. Ce contrat, évalué à 5,4 milliards de dollars, prévoit une période d’exploration de sept ans et une exploitation sur 30 ans, avec une option de prolongation de 10 années supplémentaires.

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En octobre 2025, l’Algérie a également annoncé un nouvel appel d’offres couvrant environ 20 zones d’exploration. Cette initiative s’inscrit dans la volonté d’attirer de nouveaux investissements dans le secteur énergétique.

Une demande accrue pour le gaz algérien

La crise du Golfe a également renforcé l’intérêt pour le gaz algérien sur le marché européen. L’Algérie a engagé des discussions avec l’Italie et l’Espagne afin d’augmenter les volumes exportés, dans un contexte marqué par des perturbations d’approvisionnement provenant du Moyen-Orient.

Des négociations ont notamment été engagées pour augmenter les livraisons via le gazoduc Medgaz reliant l’Algérie à l’Espagne. Selon des informations publiées par la presse espagnole, les volumes pourraient passer de 28 millions de mètres cubes par jour à 32 millions.

L’Algérie a également reçu des demandes d’approvisionnement en provenance de plusieurs pays asiatiques, dont le Vietnam. Ces sollicitations concernent le pétrole brut et le gaz naturel liquéfié. Cette évolution intervient dans un contexte marqué par la hausse des prix et la recherche de fournisseurs alternatifs.

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Dans ce contexte international, l’Algérie continue de développer ses capacités de production et de renforcer ses partenariats énergétiques. Les évolutions observées depuis la crise du Golfe ont ainsi contribué à accroître l’intérêt pour les hydrocarbures produits en Afrique du Nord, notamment ceux de l’Algérie.


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