Le gazoduc transméditerranéen, actif depuis les années 1980, transporte le gaz naturel algérien vers l’Europe en traversant la Tunisie. Cette infrastructure permet à la Tunisie de percevoir des droits de transit et de bénéficier de conditions spécifiques sur une partie de son approvisionnement en gaz. Selon l’accord de renouvellement signé en 2019, ces droits sont garantis jusqu’en 2029.
Après la visite à Alger de Giorgia Meloni, Première ministre italienne, plusieurs personnalités tunisiennes ont exprimé sur les réseaux sociaux et dans les médias leur souhait d’augmenter les droits de passage du gazoduc transméditerranéen. Parmi eux, des activistes politiques et des figures du débat public ont appelé à une renégociation des termes contractuels avec l’Algérie.
La simultanéité et la cohérence des interventions ont suscité des questions sur une possible coordination ou influence extérieure, sans qu’aucune preuve n’ait été fournie. Les intervenants ont insisté sur la nécessité pour la Tunisie de protéger ses revenus issus du transit, surtout dans un contexte de fluctuations sur les marchés mondiaux de l’énergie.
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Un débat médiatique sans impact réel
Malgré les appels à une révision des droits de passage du gazoduc transméditerranéen, les autorités tunisiennes et algériennes poursuivent une coopération coordonnée sur l’énergie. Les échanges officiels et les accords bilatéraux montrent que les deux pays maintiennent une compréhension commune sur la gestion des flux de gaz et d’électricité.
Les réunions de la Haute-Commission mixte algéro-tunisienne et les accords techniques de 2025 confirment que les aspects contractuels et tarifaires du gazoduc restent inchangés. Les déclarations d’influenceurs et de figures publiques tunisiennes ne reflètent pas de négociations formelles ou de différends contractuels.
Les flux d’énergie, qu’il s’agisse des exportations quotidiennes de Sonelgaz ou de l’intégration des réseaux électriques, continuent selon les accords existants. Les droits de passage du gazoduc, bien qu’évoqués sur les réseaux sociaux, ne sont pas remis en cause dans la pratique et constituent toujours une source stable de revenus pour la Tunisie.
Relations économiques et coopération énergétique
Les relations économiques entre l’Algérie et la Tunisie sont marquées par des échanges commerciaux et des projets communs. La 23e session de la Haute-Commission mixte algéro-tunisienne, tenue à Tunis du 9 au 12 décembre 2025, a donné lieu à la signature de 25 accords couvrant différents secteurs. Le commerce bilatéral a augmenté de 42 % sur trois ans, atteignant 2,3 milliards de dollars en 2024.
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Les investissements croisés se développent avec une présence tunisienne en Algérie et un rôle d’Alger comme partenaire africain pour la Tunisie. Des projets tels que les zones de libre-échange frontalières et le raccordement électrique tripartite Algérie-Tunisie-Libye, lancé en mars 2025, montrent l’ampleur de cette coopération.
La Tunisie bénéficie également de conditions tarifaires sur l’achat de gaz algérien. Les droits de transit perçus sur le gazoduc représentent une ressource directe pour la Société tunisienne de l’électricité et du gaz. Ces flux financiers influencent le fonctionnement des centrales thermiques dans le pays.
La dépendance énergétique tunisienne
D’après l’Observatoire national de l’énergie et des mines tunisien, les importations de gaz algérien ont atteint 1 290 kilotonnes d’équivalent pétrole au premier semestre 2025, soit 56 % de l’approvisionnement total. Les importations d’électricité depuis l’Algérie ont couvert plus de 10 % des besoins nationaux sur la même période.
En juin 2025, le prix moyen d’importation du gaz algérien s’établissait à 1 403 dinars tunisiens par tep, en baisse de 13 % par rapport à l’année précédente. La production locale tunisienne a chuté de 10 % en 2025, ce qui fait que le gaz importé représente plus de 95 % du mix électrique.
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Au début de l’été 2025, alors que la consommation intérieure algérienne a atteint un record de 19 580 MW, le groupe public Sonelgaz a maintenu des exportations quotidiennes supérieures à 600 MW vers la Tunisie pour éviter des interruptions dans l’alimentation électrique.
Interconnexion des réseaux et flux d’énergie
Les réseaux algérien, tunisien et libyen ont été synchronisés lors d’essais fin 2023. En 2025, de nouveaux accords ont été signés pour renforcer les lignes de transport de 400 kV. Cette interconnexion permet à la Tunisie de disposer d’une alimentation stable et soutient l’intégration de projets d’énergies renouvelables, qui représentent actuellement 3 % du mix énergétique national.
Les flux de gaz et d’électricité reflètent la coordination technique et financière entre les deux pays. Les droits de passage du gazoduc transméditerranéen restent un élément concret qui alimente directement les infrastructures tunisiennes.
L’ensemble des données illustre les aspects contractuels, financiers et techniques liés au gazoduc transméditerranéen, ainsi que le rôle des autorités tunisiennes et algériennes dans la gestion des flux énergétiques et des revenus associés.
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