Récupération des biens détournés : pourquoi la France refuse de coopérer ?

L’Algérie poursuit ses démarches pour récupérer des fonds publics détournés et placés à l’étranger. Ce dossier a été évoqué lors d’un récent conseil des ministres, où le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a présenté un état des lieux des procédures engagées auprès de plusieurs pays européens.

Dans son intervention, Ahmed Attaf a indiqué que 33 demandes judiciaires ont été adressées à la Suisse. Parmi elles, 20 ont été acceptées par les autorités suisses. À ce stade, quatre dossiers ont été finalisés. Ces procédures ont permis à l’Algérie de récupérer plus de 110 millions de dollars.

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a salué la coopération de la Fédération de Suisse ainsi que celle du royaume d’Espagne. Même si le communiqué officiel ne donne pas de chiffres précis concernant l’Espagne, plusieurs éléments confirment que les autorités espagnoles ont répondu aux demandes algériennes.

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Un exemple concret concerne un hôtel de luxe situé à Barcelone. Ce bien appartenait à Ali Haddad, un chef d’entreprise actuellement incarcéré. Il avait occupé une place importante durant la présidence d’Abdelaziz Bouteflika. Le transfert de propriété de cet établissement vers l’Algérie a été effectué dans le cadre des procédures judiciaires en cours.

Absence de réponse de la France

La situation est différente du côté de la France. Selon les informations présentées, 61 demandes judiciaires ont été adressées aux autorités françaises. Aucune n’a donné lieu à une réponse.

Cette absence de suivi concerne l’ensemble des dossiers transmis. Pourtant, des accords de coopération judiciaire existent entre l’Algérie et la France. Ces accords encadrent les échanges entre les deux pays dans ce type de procédures et définissent les modalités de traitement des demandes.

Le communiqué évoque la possibilité que certains facteurs non judiciaires influencent le traitement de ces dossiers. Les demandes concernent principalement des affaires liées à des fonds détournés et à des personnalités impliquées dans des affaires économiques ou politiques.

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Contexte des relations bilatérales

Les relations entre l’Algérie et la France ont connu des tensions au cours des deux dernières années. Cette situation a eu des répercussions sur plusieurs domaines, dont la coopération judiciaire. Certains échanges ont repris récemment, notamment dans les domaines de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme. Sur le plan judiciaire, la coopération reste limitée selon les éléments présentés.

Le cas de Abdesselam Bouchouareb, ancien ministre de l’Industrie, est également mentionné. Ses dossiers ne font pas partie des procédures traitées dans ce cadre. À l’inverse, certaines affaires impliquant des personnes moins exposées ont avancé plus rapidement.

Données et suivi des procédures

Les demandes adressées par l’Algérie portent sur des fonds publics transférés à l’étranger et sur des dossiers ayant une dimension internationale. Les chiffres présentés montrent des différences dans le traitement de ces demandes selon les pays.

La Suisse a traité une partie des dossiers et permis des récupérations financières concrètes. L’Espagne a également coopéré, même si les données disponibles restent limitées. En revanche, la France n’a donné suite à aucune des demandes transmises.

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Ahmed Attaf a fourni des éléments détaillés concernant les procédures engagées avec la Suisse. Pour l’Espagne, les informations restent partielles mais confirment l’existence d’une coopération. Le président Abdelmadjid Tebboune a exprimé sa reconnaissance envers les pays ayant répondu aux demandes algériennes dans ce cadre.


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