Les projections du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF) indiquent une hausse continue de la demande mondiale de gaz naturel jusqu’en 2055. Selon son rapport « Global Gas Outlook 2055 », la consommation mondiale devrait passer de 4137 milliards de mètres cubes en 2024 à 5417 milliards en 2055, soit une progression de 31 %. Cette évolution concerne directement le gaz algérien, qui s’inscrit dans les flux internationaux d’exportation vers l’Europe et d’autres marchés importateurs.
Le GECF observe une transformation progressive de la structure de la consommation énergétique mondiale. La part de l’électricité dans la demande finale d’énergie devrait passer de 22 % en 2024 à 32 % en 2055, ce qui modifie les équilibres de consommation entre les différentes sources d’énergie. Cette évolution influence directement la demande de gaz naturel, utilisé dans de nombreux pays pour produire de l’électricité.
Plus de la moitié de la croissance totale de la demande mondiale de gaz est liée au secteur électrique, selon les projections du rapport. Cette dynamique s’explique par l’électrification progressive de plusieurs activités économiques, notamment l’industrie, les bâtiments et certains services numériques. Dans ce contexte, le gaz algérien reste intégré à des marchés où la production d’électricité constitue un déterminant central des importations.
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Des écarts importants selon les régions
La croissance de la demande mondiale de gaz ne suit pas une trajectoire uniforme selon les zones géographiques. L’Asie-Pacifique représente 43 % de la hausse globale, soit environ 560 milliards de mètres cubes supplémentaires, ce qui en fait la principale zone de croissance. Le Moyen-Orient contribue à 23 % de cette augmentation, tandis que les dynamiques régionales restent très contrastées.
L’Afrique représente 2,3 % de la hausse mondiale, avec un rythme de croissance plus rapide que dans certaines régions développées. L’Europe suit une trajectoire différente, marquée par une baisse progressive de la consommation de gaz sur le long terme. Ces différences influencent directement les flux commerciaux internationaux, notamment les exportations de gaz naturel en provenance d’Algérie.
Production mondiale et position de l’Algérie
Selon le GECF, 86 % de la production mondiale de gaz en 2055 proviendrait de champs qui ne sont pas encore exploités aujourd’hui. Cette projection reflète l’importance des investissements futurs dans l’exploration, le développement et la mise en production de nouvelles ressources gazières à l’échelle mondiale.
Les pays membres du GECF devraient voir leur part dans la production mondiale passer de 38 % en 2024 à 44 % en 2055. Ils représenteraient environ 65 % de la croissance totale de la production mondiale sur la période. L’Algérie, en tant que membre du GECF et producteur majeur de gaz en Afrique, est intégrée à ces projections de long terme liées au marché mondial du gaz.
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Dans un contexte de hausse globale de la demande, cette évolution peut s’accompagner d’ajustements des volumes exportés, en fonction des capacités de production, des infrastructures disponibles et des engagements contractuels sur les marchés internationaux. Le gaz algérien se situe ainsi dans un environnement où la demande évolue sur plusieurs décennies.
Hausse du commerce mondial de gaz naturel
Le commerce international de gaz naturel devrait connaître une croissance importante, passant de 1211 milliards de mètres cubes en 2024 à 1767 milliards en 2055. Cette augmentation reflète l’intensification des échanges entre régions productrices et régions importatrices sur le long terme.
Le gaz naturel liquéfié (GNL) occupe une place de plus en plus importante dans ces flux commerciaux. Sa part dans les échanges mondiaux passerait de 46 % à 65 %, traduisant une évolution des modes de transport du gaz. Le GNL permet en effet de transporter le gaz sur de longues distances sans dépendre exclusivement des réseaux de pipelines.
Pour les exportateurs comme l’Algérie, cette évolution modifie les conditions d’accès aux marchés internationaux, avec une flexibilité plus importante dans les destinations d’exportation. Le gaz algérien est ainsi intégré à un marché mondial où la part du GNL continue de progresser.
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Investissements nécessaires et scénarios futurs
Le développement du secteur gazier mondial nécessiterait des investissements importants sur plusieurs décennies. Le GECF estime les besoins à environ 11,6 trillions de dollars pour l’exploration et la production d’ici 2055. Les infrastructures de transport et de stockage demanderaient en parallèle environ 735 milliards de dollars supplémentaires pour accompagner cette évolution.
Ces investissements sont liés à la croissance de la demande mondiale et à la nécessité d’assurer la continuité de l’approvisionnement énergétique. Le rapport indique également que des tensions sur les capacités pourraient apparaître après 2040 dans certains scénarios, en fonction du rythme des investissements et du développement des infrastructures.
Dans un scénario intégrant des politiques climatiques plus avancées et l’extension des technologies de captage du carbone, la demande mondiale de gaz pourrait atteindre 6127 milliards de mètres cubes. Dans ce cadre, le gaz algérien reste intégré aux équilibres globaux du marché énergétique, influencé par la hausse de la demande en électricité et l’évolution des systèmes de production à l’échelle internationale.
