Algérie-Maroc : le chercheur Geoff D. Porter compare le TSGP et le projet marocain

Le chercheur américain Geoff D. Porter, président du cabinet de conseil, North Africa Risk Consulting (NARCO) a livré une analyse comparative entre le gazoduc transsaharien (TSGP) porté par l’Algérie et le projet concurrent, African Atlantic Gas Pipeline, soutenu par le Maroc, dans un contexte de compétition énergétique en Afrique.

Selon Geoff D. Porter qui s'exprimait ce dimanche 19 avril 2026 sur les colonnes du site spécialisé Attaqa, le TSGP présente des atouts en matière de rentabilité et d’attractivité. Ce projet, reliant le Nigeria à l’Algérie via le Niger, s’appuie sur des infrastructures déjà existantes dans sa partie nord, ce qui réduit les coûts globaux. Cette configuration permettrait une mise en œuvre plus rapide et un retour sur investissement jugé plus favorable.

L’analyste met en avant la capacité de l’Algérie à capitaliser sur son réseau gazier et ses connexions vers l’Europe, un élément déterminant dans l’équation économique du projet.

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Le projet marocain confronté à des contraintes

Face au TSGP, le projet de gazoduc passant par la façade atlantique, soutenu par le Maroc, affiche une ambition plus large en desservant plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Cette approche implique un tracé plus long et des investissements plus élevés.

Geoff D. Porter souligne que cette configuration pose des défis en matière de financement et de sécurisation du projet. La multiplicité des pays concernés peut compliquer la coordination, allonger les délais de réalisation et retarder le retour sur investissement.

Un contexte géopolitique déterminant

Au-delà des aspects techniques et économiques, la comparaison s’inscrit dans un environnement géopolitique marqué par la rivalité entre Alger et Rabat. Les projets énergétiques deviennent ainsi des instruments d’influence régionale.

Le chercheur évoque également l’impact des tensions internationales, notamment autour de l’Iran, qui pourraient influencer les marchés du gaz et ouvrir des opportunités pour des fournisseurs alternatifs, dont l’Algérie.

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Une compétition pour l’accès au marché européen

Les deux projets visent à répondre à la demande croissante en gaz, notamment en Europe. Dans cette perspective, le TSGP bénéficie d’une proximité avec les infrastructures existantes reliant l’Algérie au continent européen.

Le projet marocain mise, pour sa part, sur une intégration régionale plus large, avec l’objectif de structurer un corridor énergétique ouest-africain. Mais la rentabilisation risque de prendre énormément de temps (près de 300 ans, selon des estimations de NARCO) car il faut intégrer la consommation interne des 13 pays concernés par le projet.

Cette comparaison met en lumière deux visions distinctes du développement gazier en Afrique, entre optimisation des infrastructures existantes et déploiement d’un réseau régional étendu.


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