En France, des femmes voilées virées de leur travail

En France, plusieurs salariées du groupe Elior-Derichebourg affirment avoir perdu leur emploi après avoir refusé de retirer leur voile pendant leurs heures de travail. Ces éléments sont issus d’une enquête publiée le 20 avril 2026 par le média Mediapart, qui s’appuie sur des témoignages directs d’employées concernées.

D’après les informations recueillies, certaines employées ont reçu une notification interne leur demandant de retirer leur foulard. Cette demande s’inscrit dans l’application d’un règlement lié à la neutralité au travail, notamment pour les postes en contact avec le public.

Plusieurs salariées expliquent qu’elles portaient déjà un voile au moment de leur embauche. Elles disent ne pas avoir été confrontées à ce type d’exigence auparavant. Le changement de règle serait intervenu après leur arrivée dans l’entreprise, ce qui a créé une situation difficile à gérer pour certaines d’entre elles.

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Après la notification, un délai aurait été fixé pour se conformer à cette nouvelle consigne. Selon les témoignages, celles qui ont choisi de ne pas retirer leur voile ont fait face à des procédures disciplinaires. Dans certains cas, ces démarches ont conduit à un licenciement pour faute grave.

L’une des salariées licenciées déclare : « On est une minorité, une communauté qu’on peut virer, comme si c’était normal ». D’autres employées décrivent des expériences proches, avec un sentiment de ne pas avoir eu suffisamment de temps pour s’adapter à cette évolution.

Une position assumée par l’entreprise

De son côté, le groupe Elior-Derichebourg confirme l’existence de « quelques procédures individuelles ». L’entreprise indique que ces décisions s’inscrivent dans le cadre de son règlement intérieur.

Elle précise que certaines missions, en particulier dans des lieux comme les établissements scolaires ou les administrations, impliquent une exigence de neutralité. Dans ce contexte, le port visible de signes religieux peut être restreint pour certains postes.

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Le groupe affirme également que son règlement intérieur a été modifié récemment afin de clarifier ces règles. Selon ses déclarations, les salariés ont été informés de ces changements avant leur mise en application.

Elior-Derichebourg est un acteur important dans les domaines de la restauration collective et des services. Né de la fusion entre Elior et Derichebourg Multiservices en 2023, le groupe emploie aujourd’hui plus de 130 000 personnes, dont environ 77 000 en France.

Un cadre légal qui laisse place à l’interprétation

Interrogée par Mediapart, une avocate spécialisée en droit du travail attire l’attention sur les questions que ces situations peuvent soulever. Elle évoque notamment la notion de proportionnalité, qui encadre l’application des règles internes en entreprise. Elle mentionne aussi le risque de discrimination indirecte, dans le cas où une règle toucherait principalement un même groupe de salariées. Ce type de situation peut être examiné au regard du droit du travail en France.

La législation française autorise certaines restrictions concernant l’expression religieuse dans l’entreprise, à condition qu’elles soient justifiées par la nature des tâches et adaptées au contexte professionnel. Chaque situation doit être étudiée au cas par cas.

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Les témoignages recueillis montrent un décalage entre la manière dont les salariées ont vécu ces décisions et la position de l’entreprise, qui met en avant l’application de ses règles internes.


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