Frais d’inscription : les étudiants étrangers en France face à de nouvelles règles

Le système des frais universitaires pour les étudiants extracommunautaires évolue en France. À partir de 2026, les règles d’exonération devraient être appliquées de manière plus stricte dans les établissements publics. Cette évolution concerne directement les étudiants étrangers en France, déjà soumis depuis 2019 à des droits d’inscription différenciés.

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a présenté cette orientation dans le cadre du plan « Choose France For Higher Education ». L’objectif affiché est de rendre plus homogène l’application d’un dispositif qui, dans les faits, varie encore fortement selon les universités.

Un cadre plus strict pour les droits différenciés

Le principe des droits différenciés a été mis en place en 2019 avec la stratégie « Bienvenue en France ». Il prévoit une hausse des frais pour les étudiants venant de pays hors Union européenne, tout en laissant aux universités la possibilité d’accorder des exonérations partielles ou totales.

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Les montants actuels sont fixés à 2.895 euros par an en licence et 3.941 euros en master. Ils s’appliquent en théorie à l’ensemble des étudiants étrangers en France, mais leur mise en œuvre reste inégale selon les établissements.

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Philippe Baptiste, a précisé dans un entretien au Parisien : « les universités ne pourront plus édicter des exonérations massives, elles seront réservées à des cas très précis ». Il a également rappelé : « la règle, ce sont les droits différenciés, et l’exception c’est l’exonération ». Aujourd’hui, environ 10 % des étudiants concernés s’acquittent réellement de ces frais, selon les chiffres du ministère. Les autres bénéficient d’exonérations accordées par les établissements.

Des pratiques différentes selon les universités

Dans la pratique, les universités françaises n’ont pas toutes appliqué les règles de la même manière. Certaines ont limité les exonérations au strict minimum, tandis que d’autres les ont utilisées de façon plus large pour éviter une hausse des coûts pour les étudiants internationaux. Ce fonctionnement a créé des écarts entre établissements, aussi bien dans les conditions d’accès que dans les montants réellement payés par les étudiants étrangers en France.

Le gouvernement souhaite désormais réduire ces différences. Le nouveau cadre prévoit une limitation stricte des exonérations à 10 % des étudiants extracommunautaires par établissement. Des bourses pourront être attribuées dans certains cas, selon des critères définis par les universités. Le ministère estime que cette évolution pourrait générer environ 250 millions d’euros par an une fois le dispositif pleinement appliqué.

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Des étudiants radiés faute de paiement

La question des frais d’inscription s’est récemment illustrée à l’université de Strasbourg. L’établissement a engagé une procédure concernant 47 étudiants étrangers inscrits en master, faute de paiement complet des droits demandés.

Ces étudiants doivent s’acquitter de 3.941 euros par an, contre 254 euros pour les étudiants français et européens en master. L’université considère que certains dossiers ne remplissent pas les conditions administratives nécessaires, ce qui pourrait conduire à une radiation. Cette situation met en lumière les difficultés d’application du système actuel, notamment dans les cas où les étudiants ne parviennent pas à régler les montants exigés.


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