Le Fonds monétaire international (FMI) a publié en avril 2026 ses projections économiques mondiales jusqu'en 2031. En Afrique, l'Algérie conserve sa 4e place parmi les économies du continent, mais enregistre la plus faible croissance du Top 10, avec une hausse de 14,67% sur six ans, loin derrière l'Éthiopie (+122%) ou l'Égypte (+83%).
L'Algérie 4e économie africaine
En 2025, le PIB algérien est estimé à 285,72 milliards de dollars. Le pays se place derrière l'Afrique du Sud (427 milliards) et l'Égypte (365 milliards), mais devant le Nigeria (290 milliards). Cet ordre va changer dès 2026 : Abuja devrait porter son PIB à 377 milliards de dollars, pendant qu'Alger plafonne à 317 milliards. En 2031, l'écart se creuse davantage, avec un Nigeria à 496 milliards contre 328 milliards pour l'Algérie.
Sur six ans, la progression algérienne se limite à 14,67%, soit 42 milliards de dollars supplémentaires. C'est le rythme le plus lent du Top 10 continental. Pour donner une mesure concrète de cet écart, l'Éthiopie projette une hausse de 122% sur la même période, la RD Congo 89%, l'Égypte 83%.
Économie Euro-dinar : nouvelle hausse sur le marché parallèle
Le classement des dix premières économies africaines en 2031, selon les projections du FMI :
- Égypte — 666 milliards de dollars
- Afrique du Sud — 578 milliards
- Nigeria — 496 milliards
- Algérie — 328 milliards
- Maroc — 283 milliards
- Éthiopie — 243 milliards
- Kenya — 196 milliards
- Angola — 180 milliards
- RD Congo — 175 milliards
- Côte d'Ivoire — 170 milliards
Ce qui pèse sur la trajectoire économique de l'Algérie
La dépendance aux hydrocarbures reste le fait central. Le pétrole et le gaz assurent plus de 95% des recettes d'exportation du pays et plus de 45% de ses ressources budgétaires. Tant que cette proportion ne change pas, la croissance du PIB restera liée aux prix du baril sur les marchés internationaux.
La question du calcul du PIB mérite aussi d'être posée. Les autorités algériennes ont procédé à un rebasage de leurs statistiques pour y intégrer le secteur informel, ce qui a mécaniquement gonflé les agrégats officiels. Parallèlement, le taux de change officiel fixe le dinar à 132,29 unités pour un dollar américain. Sur le marché parallèle, le même dollar en vaut environ 238, soit un écart de plus de 105 dinars. En recalculant le PIB avec ce taux de marché, la valeur de l'économie algérienne descend à 158 milliards de dollars en 2025, loin des chiffres officiels.
Sur la période 2026-2031, les données du FMI ne font pas apparaître de secteur hors hydrocarbures capable de porter la croissance. Les projections disponibles ne reflètent pas d'élargissement notable de la base productive du pays.
Économie Algérie-Italie : les échanges commerciaux grimpent à 6,78 milliards d'euros en six mois
À cela s'ajoute un contexte international tendu. La guerre au Moyen-Orient perturbe la circulation des hydrocarbures via le détroit d'Ormuz, point de passage de plus de 20% du pétrole mondial. Pour un pays dont les revenus reposent quasi exclusivement sur les exportations d'énergie, cette instabilité représente une variable difficile à anticiper sur les cinq prochaines années.
