La Libye, l’Algérie et la Tunisie ont décidé de structurer la gestion de l’eau saharien présente sous le nord du Sahara. Les trois pays partagent une même ressource souterraine, utilisée depuis longtemps mais encore peu encadrée à l’échelle régionale. Une réunion tenue à Tripoli a permis d’établir un mécanisme commun pour organiser son exploitation.
Cette ressource correspond au système aquifère du Sahara septentrional. Elle s’étend sous les frontières des trois États et contient des volumes estimés à plus de 40'000 milliards de mètres cubes d’eau fossile. Cette eau saharienne s’est accumulée sur des périodes géologiques anciennes et ne se renouvelle pas à l’échelle humaine.
Les usages ont évolué avec le temps. Autrefois, l’accès reposait sur des sources naturelles et des puits peu profonds. Aujourd’hui, l’exploitation dépend surtout de forages qui peuvent atteindre environ 000 mètres de profondeur.
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Un cadre commun décidé à Tripoli
La rencontre organisée à Tripoli a abouti à une déclaration commune. Elle met en place un dispositif de concertation entre la Libye, l’Algérie et la Tunisie pour la gestion de l’eau du Sahara. L’objectif est de coordonner les prélèvements et de suivre l’état des nappes.
Le système repose sur une logique de répartition. Chaque pays se voit attribuer une quote-part définie à partir de modèles hydrologiques. Ces calculs prennent en compte les volumes disponibles et les capacités de renouvellement, même si la ressource reste globalement non renouvelable.
Hussein al-Talou, chef de la recherche au ministère libyen des Ressources hydriques, a indiqué à l’Agence France-Presse : « chaque pays se verra attribuer une quote-part. Les niveaux des eaux seront suivis ainsi que les autres risques comme la pollution ». Il a précisé que le suivi serait assuré de manière conjointe entre les trois pays.
L’Algérie assure la présidence tournante du mécanisme pour trois ans. Ce rôle implique la coordination des échanges techniques et des réunions entre les administrations hydrauliques concernées.
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Un accord préalable avait été posé en avril 2024 entre Kaïs Saïed, président de la Tunisie, Abdelmadjid Tebboune, président de l’Algérie, et Mohamed el-Menfi, président du Conseil présidentiel libyen. Il portait déjà sur la création d’un cadre de concertation pour cette ressource partagée.
Une ressource souterraine fortement inégalement répartie
Les données disponibles montrent une répartition inégale du système aquifère. Environ 62 % des réserves se trouvent dans le Sahara d'Algérie, 30 % en Libye et 8 % en Tunisie. Cette distribution influence directement les discussions autour de l’eau saharienne et de son usage.
Les volumes exploitables dépendent aussi des contraintes techniques. Certaines zones présentent des nappes très profondes, ce qui rend l’extraction plus complexe. D’autres secteurs sont déjà fortement sollicités, notamment pour l’agriculture et l’alimentation en eau potable.
La nature fossile de cette ressource impose une surveillance régulière. Les prélèvements modifient progressivement les niveaux des nappes, sans apport naturel suffisant pour compenser les pertes.
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Suivi technique et pression sur les ressources
Le mécanisme mis en place prévoit un suivi commun des données hydrologiques. Les trois pays doivent partager les informations liées aux niveaux d’eau, aux volumes extraits et aux risques de pollution. Les outils utilisés reposent sur des modèles mathématiques et des systèmes de surveillance des nappes. Ces instruments servent à estimer l’évolution de la ressource et à ajuster les quotas d’extraction.
La Libye dépend fortement de cette ressource pour alimenter ses zones habitées. Plus de 90 % du territoire est désertique, ce qui limite les alternatives locales. Le pays s’appuie notamment sur la Grande rivière artificielle, un système de transfert d’eau construit pour acheminer l’eau des nappes du sud vers le nord.
Le ministre libyen Hosni Awedane a évoqué une exploitation adaptée aux besoins actuels et aux évolutions climatiques. En Tunisie, le ministre des Ressources hydriques Ezzedine Ben Cheikh a relié la gestion de l’eau à des enjeux de sécurité alimentaire et de disponibilité des ressources naturelles dans la région.
Le dispositif commun entre les trois pays repose désormais sur une coordination technique régulière autour de l’eau saharienne et de son exploitation à long terme.
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