Énergie : les États-Unis doivent s'engager avec l'Algérie, selon un think tank américain

Un chercheur d'un think tank américain a affirmé que les États-Unis doivent s'engager avec l'Algérie, mettant en avant la position de ce pays dans le paysage énergétique mondial. Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions persistantes dans la région du Golfe. L'expert a détaillé les atouts qui font de l'Algérie un partenaire incontournable pour Washington.

Lors d'une intervention diffusée cette semaine sur la chaîne ALG24 News, Jeff Porter, président de la North Africa Risk Consulting et chercheur au Centre de lutte contre le terrorisme, a déclaré que l'instabilité qui affecte actuellement le Golfe persique génère une prise de conscience autour des énergies de transition, au premier rang desquelles le gaz naturel. Il a affirmé que "l'Algérie est au cœur de cette prise de conscience".

Le chercheur a écarté l'hypothèse d'un basculement immédiat vers les énergies renouvelables. Nous n'allons pas "passer immédiatement aux énergies renouvelables, nous avons besoin de produire une énergie de transition comme le gaz naturel", a-t-il expliqué. Il a ajouté que les crises qui secouent la zone du Golfe ont renforcé, à l'échelle internationale, la perception de l'Algérie comme un fournisseur fiable de gaz pour le marché européen.

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Cette configuration offre, selon lui, une fenêtre de tir à Alger pour développer en parallèle deux secteurs d'avenir : les minéraux critiques et les terres rares. L'objectif étant de mener ce développement "tout en augmentant simultanément les livraisons de gaz à l'Europe".

Fiabilité et atouts géographiques de l'Algérie

Jeff Porter a longuement insisté sur "la grande fiabilité de l'Algérie en tant que fournisseur d'énergie", une qualité rendue plus visible par la crise énergétique internationale découlant du conflit armé impliquant les États-Unis et Israël contre l'Iran. Il a également souligné l'avantage géographique du pays, situé à proximité directe des marchés européens, sans être exposé à des goulets d'étranglement maritimes.

Le chercheur a cité nommément le détroit d'Ormuz et le détroit de Bab el-Mandeb comme des points de passage critiques dont l'Algérie est exempte. Il a toutefois nuancé son propos en estimant qu'Alger pourrait développer une "meilleure compréhension de la conservation de l'énergie domestique", ce qui lui permettrait d'honorer des contrats supplémentaires visant à satisfaire une demande européenne additionnelle.

Diversification des partenaires et projet de gazoduc transsaharien

Le président de la North Africa Risk Consulting a salué la stratégie algérienne de diversification de ses partenaires étrangers. Il a rappelé que le pays s'est historiquement appuyé sur un nombre restreint de compagnies énergétiques internationales pour le développement de ses gisements, une dépendance qu'Alger a identifiée comme un risque pour l'intérêt national. D'après lui, cette prise de conscience a motivé, au cours de la dernière décennie, une politique visant à élargir le cercle des entreprises issues de différents pays participant à l'exploration-production.

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Cette diversification, a-t-il poursuivi, permet de "réduire tous les risques". Dans le cadre de cette stratégie élargie, l'expert a mentionné les efforts de la compagnie nationale Sonatrach pour développer le gazoduc transsaharien. Ce projet d'infrastructure a pour but d'intégrer les pays du Sahel dans le réseau énergétique algérien, de favoriser le développement économique dans cette zone et d'accroître l'influence régionale d'Alger.

Un appel à l'engagement américain au-delà des divergences

Jeff Porter a estimé que l'équation était "complexe" pour l'Algérie, qui doit concilier son propre développement industriel, gourmand en énergie, avec les sollicitations du marché européen. Il a posé la nécessité de "trouver un équilibre entre l'approvisionnement du marché européen et la garantie du développement économique en Algérie", tout en réaffirmant la capacité du pays à devenir une puissance industrielle.

Sur le plan régional, le chercheur a indiqué que les États-Unis prenaient de plus en plus la mesure du poids de l'Algérie. Il a interprété les récents déplacements de hauts responsables américains, comme le secrétaire d'État adjoint Christopher Landau et le général Dagvin Anderson du Commandement militaire américain pour l'Afrique (AFRICOM), comme des signaux attestant de l'importance de ce partenaire.

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Concluant son intervention, le chercheur a formulé un appel direct. Que les États-Unis soient en accord total ou non avec la politique étrangère ou intérieure de l'Algérie importe peu, a-t-il fait valoir. L'essentiel, a-t-il martelé, est que Washington accepte de s'engager avec l'Algérie.


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