Algérie : pourquoi les exportations françaises plongent en 2025

Les échanges commerciaux entre Alger et Paris traversent une nouvelle zone de turbulence. Selon les dernières données relayées par le média économique Les Echos, les exportations françaises depuis l’Algérie ont enregistré une baisse de 12 % durant l'année 2025.

Le recul touche plusieurs secteurs, mais c’est surtout l’agroalimentaire français qui subit le choc le plus important, avec un effondrement de 62 %. Un signal fort qui reflète les changements en cours dans les relations économiques entre les deux pays.

Depuis plusieurs mois, les entreprises françaises présentes sur le marché algérien connaissent un ralentissement progressif des commandes, des difficultés administratives et une concurrence plus agressive venue d’autres partenaires commerciaux. La baisse des exportations françaises vers l’Algérie confirme désormais cette tendance sur le terrain.

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Derrière les chiffres, ce sont aussi des habitudes de consommation qui évoluent, des importateurs qui changent de fournisseurs et une stratégie économique algérienne qui se transforme progressivement.

Les exportations françaises depuis l’Algérie chutent de 12 % en 2025

Les chiffres relayés par Les Echos montrent une contraction globale de 12 % des exportations françaises depuis l’Algérie en 2025. Une baisse significative alors que la France faisait historiquement partie des principaux fournisseurs du marché algérien. Le recul apparaît particulièrement important dans le secteur agroalimentaire. Les exportations françaises de produits alimentaires auraient chuté de 62 %, un niveau rarement observé dans les échanges entre les deux pays.

Cette baisse concerne notamment plusieurs catégories de produits largement présentes dans les grandes surfaces algériennes ces dernières années : produits laitiers, conserves, biscuits, chocolats, boissons et produits transformés.  Pour de nombreux distributeurs algériens, les changements de politique d’importation et les nouvelles contraintes financières jouent également un rôle central dans cette évolution.

Pourquoi les entreprises françaises perdent du terrain en Algérie

Le recul des exportations françaises ne peut pas être expliqué par un seul facteur. Plusieurs éléments économiques et politiques se superposent depuis près de deux ans. D’abord, l’Algérie cherche à réduire sa dépendance aux importations dans plusieurs secteurs. Les autorités encouragent davantage la production locale et favorisent certains partenariats jugés plus avantageux économiquement.

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Ensuite, de nouveaux acteurs gagnent du terrain sur le marché algérien. La Chine, la Turquie, l’Italie ou encore certains pays du Golfe renforcent progressivement leur présence commerciale en Algérie, notamment dans l’agroalimentaire, l’électroménager, les matériaux de construction et les équipements industriels.

Le climat diplomatique entre Alger et Paris a également pesé sur les relations économiques. Même si un début d’apaisement est observé ces derniers mois, les tensions politiques ont créé une forme d’incertitude pour plusieurs entreprises françaises.

Certaines sociétés hésitent désormais à investir davantage sur le marché algérien, tandis que des importateurs locaux diversifient leurs partenaires afin de réduire les risques liés aux fluctuations politiques ou administratives.

L’agroalimentaire français subit le choc le plus violent

La chute de 62 % des exportations agroalimentaires françaises constitue l’un des faits les plus marquants de ce rapport. Pendant des années, les produits alimentaires français occupaient une place importante dans les habitudes de consommation d’une partie des ménages algériens, notamment dans les grandes villes comme Alger, Oran ou Constantine.

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Aujourd’hui, le paysage change rapidement. Les industriels algériens multiplient les investissements dans la production locale. Plusieurs marques nationales gagnent des parts de marché dans les produits laitiers, les boissons, les pâtes alimentaires ou les biscuits.

Dans le même temps, les importateurs se tournent vers des fournisseurs moins coûteux. Les produits turcs ou asiatiques apparaissent de plus en plus dans les rayons. Pour les entreprises françaises, cette évolution représente un défi majeur. Certaines marques restent populaires auprès d’une partie des consommateurs algériens, mais les volumes importés diminuent clairement.

Des professionnels du secteur évoquent aussi des difficultés liées aux procédures bancaires, aux licences d’importation et aux délais administratifs, qui compliquent les opérations commerciales.

Quel impact pour les consommateurs et la diaspora ?

Cette baisse des exportations françaises pourrait avoir plusieurs conséquences concrètes pour les consommateurs algériens et la diaspora. D’abord, certains produits importés pourraient devenir plus rares ou plus chers dans les prochains mois. Cela concerne surtout les produits alimentaires français haut de gamme ou spécialisés. Ensuite, les consommateurs verront probablement apparaître davantage de produits alternatifs provenant d’autres pays. Cette diversification est déjà visible dans plusieurs enseignes commerciales.

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Dans les milieux économiques, certains analystes estiment toutefois que la France conserve encore des atouts importants en Algérie, notamment grâce à son expertise industrielle, ses groupes implantés localement et les liens historiques entre les deux marchés.

Les relations économiques entre Alger et Paris restent importants

Malgré cette baisse des exportations françaises, les échanges économiques entre l’Algérie et la France restent importants. La France demeure un partenaire commercial majeur pour l’Algérie dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’industrie, les services, les équipements industriels et certaines technologies.

Mais les chiffres de 2025 montrent clairement que l’équilibre commercial évolue. L’Algérie cherche désormais à diversifier davantage ses fournisseurs et à renforcer sa production nationale. Cette transformation pourrait redessiner durablement les relations économiques entre les deux pays dans les prochaines années. Les entreprises françaises devront probablement adapter leur stratégie si elles souhaitent conserver leurs positions sur un marché algérien devenu beaucoup plus concurrentiel et plus exigeant qu’auparavant.

 

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