Face aux tensions géopolitiques qui secouent les marchés énergétiques mondiaux, l’Algérie renforce sa place dans l’approvisionnement gazier européen. Entre hausse des exportations, capacités de transport sécurisées et investissements massifs, plusieurs chiffres publiés récemment montrent pourquoi les capitales européennes regardent désormais Alger avec une attention particulière.
En 2025, l’Algérie a fourni environ 40 milliards de mètres cubes de gaz à l’Union européenne. Cela représente près de 14 % des importations gazières européennes. Dans un contexte marqué par la réduction des flux russes et les tensions au Moyen-Orient, cette proportion prend une dimension politique autant qu’économique.
Une part devenue stratégique pour l’Union européenne
Les infrastructures algériennes constituent un atout majeur. Les gazoducs reliant directement l’Afrique du Nord à l’Europe échappent aux risques maritimes qui touchent le Golfe persique et le détroit d’Ormuz. Cette stabilité attire des pays européens à la recherche de fournisseurs jugés fiables.
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L’Espagne reste l’un des principaux clients d’Alger. En 2024, 38,5 % du gaz consommé par Madrid provenait d’Algérie, soit 131'202 GWh. La majorité de ces volumes a transité par le gazoduc Medgaz, qui a livré à lui seul 105'891 GWh.
L’Espagne et l’Italie fortement dépendantes du gaz algérien
La capacité de Medgaz atteint désormais 10 milliards de mètres cubes par an, avec des discussions en cours pour augmenter encore les livraisons. Pour l’Espagne, l’Algérie apparaît comme un fournisseur de proximité difficile à remplacer.
Même constat du côté de l’Italie. En 2025, le gazoduc TransMed a transporté 20,1 milliards de mètres cubes vers la péninsule italienne. À cela s’ajoutent 47 cargaisons de gaz naturel liquéfié expédiées depuis les installations algériennes.
Au total, Alger couvre entre 31 % et 32,8 % des besoins gaziers italiens. Des chiffres qui expliquent les nombreux échanges diplomatiques entre Rome et Alger depuis plusieurs mois. Particulièrement depuis l'arrivée de Giorgia Meloni comme président du Conseil du gouvernement italien.
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Des capacités qui attirent les géants du secteur
L’Algérie dispose aujourd’hui d’une capacité totale de livraison par gazoducs dépassant 43 milliards de mètres cubes par an. Cela en fait la deuxième source de gaz par pipeline de l’Union européenne derrière la Norvège.
Le GNL algérien progresse aussi. Les exportations ont atteint 9,4 millions de tonnes en 2024, dont 87 % destinés au marché européen, principalement la France, l'Italie et l'Espagne.
Pour soutenir cette dynamique, Sonatrach prévoit 60 milliards de dollars d’investissements entre 2026 et 2030 et le développement de 1450 nouveaux puits. Les groupes ExxonMobil, Chevron, ENI ou encore BP se positionnent déjà sur plusieurs projets.
Dans un marché mondial devenu instable, ces données renforcent l’image d’une Algérie devenue incontournable pour une Europe toujours plus dépendante de sources d’énergie sécurisées.
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