Face à une facture d’importation toujours croissante, l’Algérie a décidé de renforcer sa production nationale pour remplacer progressivement les produits importés. Cette orientation stratégique s’inscrit dans un effort global de transformation économique visant à renforcer la compétitivité industrielle du pays et à créer de la valeur ajoutée locale.
Le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, en coordination avec l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), a organisé une réunion récente pour orienter les investissements vers les secteurs où la facture d’importation est la plus lourde. L’objectif est de passer de déclarations d’intention à une action concrète, en ciblant les industries capables de produire localement de manière viable, selon nos confrères de l'Algérie aujourd'hui.
Algérie : chiffres clés de l’investissement local
Cette approche n’est pas conjoncturelle : elle s’inscrit dans une vision de long terme, intégrant la politique d’investissement, la régulation commerciale et le soutien à la compétitivité nationale. Les filières prioritaires identifiées comprennent les industries agroalimentaires et de transformation, la chimie, le plastique, l’emballage et les matériaux de construction, qui ont déjà montré un potentiel de croissance notable.
Économie L’Algérie lance un nouvel appel d’offres pour acheter du blé
Selon l’AAPI, plus de 7600 projets dédiés à la substitution aux importations ont été enregistrés jusqu’en décembre dernier, représentant un montant total de plus de 27 milliards de dollars et devant générer plus de 270'000 emplois.
Dans le secteur des pneumatiques, sept projets ont été enregistrés, pour une valeur de 1,28 milliard de dollars, avec une capacité annuelle de 20 millions d’unités (dont 5 millions pour véhicules lourds) et 7200 emplois attendus. Pour les pièces détachées, 158 projets représentent plus de 370 millions de dollars d’investissement et près de 8000 emplois.
Coordination et gouvernance renforcées
Plus largement, sur 19'000 projets enregistrés via les guichets uniques et le guichet dédié aux grands projets et investissements étrangers, près de 40 % contribuent directement à la substitution aux importations.
Pour que cette dynamique soit durable, l’AAPI insiste sur une conjugaison méthodique des efforts entre l’agence, les ministères concernés et les entreprises algériennes. L’idée est de diagnostiquer précisément les besoins réels de l’économie et d’orienter les investissements vers des activités à forte valeur ajoutée, évitant les productions à faible intégration locale.
Économie Euro-dinar : nouvelle hausse sur le marché parallèle
Vers une réduction structurelle de la dépendance
L’Algérie ne se contente plus de subir sa dépendance aux importations. Avec près de 8000 projets déjà engagés et des filières ciblées avec précision, le pays amorce un virage stratégique, transformant ses potentialités industrielles en capacités productives locales solides, capables de réduire durablement la facture d’importation et de renforcer l’économie nationale.
Ce virage de l'Algérie marque une étape décisive dans la transition vers une industrialisation maîtrisée, avec des investissements productifs susceptibles de créer emplois et valeur ajoutée, tout en renforçant la compétitivité du produit national.
