Les véhicules biélorusses en Algérie pourraient bientôt franchir une nouvelle étape, avec un passage progressif vers l’assemblage local. Le constructeur MAZ se retrouve au cœur des discussions entre Alger et Minsk, dans un contexte de rapprochement économique entre les deux pays.
La question a été évoquée lors de la visite en Biélorussie d’une délégation parlementaire algérienne conduite par Brahim Boughali, président de l’Assemblée populaire nationale. À Minsk, Sergueï Rachkov, président de la Commission permanente des affaires internationales de la Chambre des représentants de la Biélorussie, a cité « l’initiative prometteuse de la création d’une usine commune de production de camions MAZ » en Algérie.
Véhicules biélorusses en Algérie : MAZ se positionne
Le dossier MAZ n’est pas isolé. En décembre 2025, un protocole d’accord a été signé entre la Société algérienne de fabrication de véhicules utilitaires et industriels, SFVUI, filiale de Ferrovial, et le groupe biélorusse MAZ. L’objectif affiché : lancer une production locale de véhicules industriels, notamment des camions et des bus.
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Selon les éléments déjà communiqués autour de ce partenariat, le projet vise à répondre aux besoins du marché algérien en transport public, logistique, BTP et véhicules utilitaires. Pour l’Algérie, l’enjeu dépasse la simple importation. Il s’agit de développer une capacité de production locale, avec un réseau de sous-traitance, des emplois industriels et un meilleur accès aux pièces de rechange.
Ferrovial et SFVUI au centre du projet
Ferrovial apparaît comme l’un des acteurs clés de cette coopération. Sa filiale SFVUI dispose d’une expérience dans les véhicules utilitaires et industriels. L’arrivée de MAZ pourrait permettre de renforcer cette base, à condition que le projet dépasse le simple montage de kits importés.
La réussite dépendra notamment du taux d’intégration locale, de la formation des techniciens, du service après-vente et de la capacité à proposer des véhicules adaptés aux besoins algériens. Les transporteurs, les collectivités locales et les entreprises de travaux publics pourraient être parmi les premiers concernés par cette nouvelle offre.
Alger et Minsk veulent élargir leur coopération
Le projet s’inscrit dans un partenariat économique plus large. Sergueï Rachkov a affirmé que les échanges commerciaux entre l’Algérie et la Biélorussie ont été multipliés par plus de dix au premier trimestre 2026. Il a également indiqué que plus de dix projets majeurs sont actuellement en cours entre les deux pays.
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Ces projets concernent la construction mécanique, l’agriculture, les engrais, les sciences, les technologies et la formation universitaire. Minsk souhaite notamment renforcer sa présence dans la mécanisation agricole, un secteur où les tracteurs biélorusses sont connus depuis l’époque soviétique.
Un test pour l’industrie mécanique algérienne
Pour l’Algérie, les véhicules biélorusses peuvent répondre à des besoins concrets : renouvellement des bus, transport de marchandises, équipements pour les chantiers et mécanisation agricole. Mais le véritable enjeu reste industriel.
Si l’assemblage local de véhicules MAZ se concrétise, le projet pourrait devenir un signal fort pour la relance de l’industrie mécanique algérienne. Le passage des annonces à la production réelle sera déterminant : usines opérationnelles, véhicules livrés, emplois créés et intégration locale mesurable.
Le rapprochement entre Alger et Minsk entre donc dans une phase plus concrète. Après les déclarations politiques, le dossier MAZ dira si cette coopération peut produire des résultats visibles sur le terrain industriel algérien.
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