La Royal Air Maroc a suspendu plusieurs liaisons internationales, en Afrique comme en Europe, sous l’effet combiné de la hausse du kérosène et d’une demande jugée insuffisante sur certaines routes. Dans le même temps, Air Algérie avance sur son plan d’expansion, avec de nouvelles lignes africaines, asiatiques et européennes.
Le contraste est net dans le ciel maghrébin. D’un côté, la compagnie nationale marocaine réduit son réseau international en supprimant une douzaine de dessertes. De l’autre, Air Algérie met en avant une stratégie d’ouverture vers plusieurs capitales africaines, avec l’ambition de renforcer le rôle d’Alger comme plateforme régionale. Deux trajectoires opposées, dans un secteur aérien où les coûts, la rentabilité et la bataille des hubs pèsent lourdement sur les décisions commerciales.
Alors que la RAM réduit ses vols, Air Algérie avance sur l’Afrique
Royal Air Maroc a décidé de suspendre plusieurs lignes vers l’Afrique et l’Europe. La mesure concerne notamment des liaisons vers Bangui, Brazzaville, Kinshasa, Douala, Yaoundé et Libreville au départ de Casablanca. En Europe, les suspensions touchent également des dessertes vers Malaga, Barcelone, Lyon, Bordeaux, Marseille et Bruxelles.
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La compagnie marocaine justifie cette décision par la forte hausse du prix du kérosène, liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, mais aussi par une baisse de la demande sur certaines routes. La suspension est présentée comme provisoire : la RAM affirme suivre l’évolution de la situation afin de rétablir progressivement les lignes lorsque les conditions opérationnelles et économiques le permettront.
Cette réduction de voilure intervient au moment où Air Algérie affiche une orientation inverse. La compagnie nationale algérienne prépare l’ouverture ou le renforcement de plusieurs dessertes africaines. Son PDG, Hamza Benhamouda, a notamment confirmé des vols vers Libreville à partir de juin et vers Luanda vers la fin juillet. Il a également indiqué que la compagnie travaillait sur Brazzaville, Conakry, Accra et Lagos.
Air Algérie veut porter son réseau africain à 20 destinations
Air Algérie cherche, de son côté, à renforcer sa présence en Afrique. Le ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a récemment indiqué que le réseau africain de la compagnie était passé de quelques lignes seulement à 12 destinations actuellement, avec un objectif de 20 lignes dans un avenir proche.
La stratégie est plus large. Air Algérie veut mieux connecter Alger aux grandes capitales africaines, mais aussi positionner l’aéroport international Houari-Boumédiène comme un point de correspondance entre l’Afrique, l’Europe, le Moyen-Orient et, à terme, certaines destinations asiatiques.
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Les lignes annoncées vers Libreville, Luanda, Accra, Lagos, Conakry ou Brazzaville répondent à une demande diplomatique, économique et commerciale. Elles peuvent servir les déplacements d’affaires, les missions institutionnelles, les échanges universitaires et les flux de voyageurs africains cherchant une alternative aux hubs déjà établis.
Alger et Casablanca, deux hubs en concurrence
La séquence met aussi en lumière la rivalité entre deux modèles aériens. Casablanca dispose depuis longtemps d’un réseau africain dense, construit autour de Royal Air Maroc et de sa position de hub entre l’Europe, l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale et l’Amérique du Nord. Cette avance reste réelle, mais les suspensions actuelles montrent que le modèle est exposé aux coûts du carburant et aux variations de la demande.
Alger, de son côté, tente de rattraper son retard. Air Algérie ne cherche plus seulement à desservir la diaspora algérienne en France, au Canada ou au Moyen-Orient. La compagnie veut désormais se repositionner sur le continent africain, avec une logique de connectivité régionale. Cette orientation est cohérente avec la diplomatie économique algérienne, qui cherche à renforcer les liens avec plusieurs pays africains.
