À Montceau-les-Mines, en Saône-et-Loire, Fatima Benyoucef, une Algérienne de bientôt 82 ans, a reçu vendredi 28 mai, la médaille de l’enfance et des familles. Une distinction officielle, remise à l’hôtel de ville, pour saluer son parcours de mère, de femme veuve très jeune, et de pilier familial.
Fatima Benyoucef n’a pas eu une vie facile. Le journal de Saône-et-Loire raconte son histoire. Elle est arrivée d’Algérie avec sa fille Zora, aujourd’hui décédée, avant de s’installer dans cette région de Bourgogne où elle a construit sa vie. Elle a d’abord vécu à Saint-Julien-sur-Dheune, puis à Montceau-les-Mines, dans le quartier du Bois du Verne. Là-bas, ce n’est pas une inconnue. Les habitants la connaissent, les commerçants aussi. La maire, Isabelle Louis, l’a même rappelé avec une phrase très parlante : même les caissières de l’Intermarché la connaissent.
Veuve à 30 ans, elle a élevé seule neuf enfants
Mais derrière cette présence familière, il y a surtout un parcours impressionnant. Fatima Benyoucef est devenue veuve à seulement 30 ans. Elle s’est retrouvée seule avec ses enfants, dans un pays qui n’était pas celui de son enfance, avec toutes les difficultés que cela suppose. Elle a pourtant tenu bon.
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Elle a élevé neuf enfants, sans bruit, sans discours, simplement parce qu’il fallait avancer. Aujourd’hui, sa famille compte 19 petits-enfants et 7 arrière-petits-enfants. Ces chiffres disent beaucoup. Ils racontent une vie entière consacrée aux siens, une maison tenue debout, des enfants accompagnés, des sacrifices faits sans forcément les nommer.
Dans beaucoup de familles algériennes installées en France, ce genre de parcours parle immédiatement. On connaît ces mères qui ont tout porté, qui ont rarement demandé quelque chose, mais qui ont tout donné.
Une médaille remise au nom de l’État français
La cérémonie organisée à Montceau-les-Mines avait donc quelque chose de très fort. Isabelle Louis lui a remis la médaille au nom de l’État, en parlant d’une reconnaissance de la Nation pour son dévouement. Ce n’était pas seulement une médaille accrochée à une veste. C’était une façon de dire publiquement merci à une femme qui a longtemps agi dans l’ombre.
Ses enfants l’ont aussi dit avec leurs mots. Par la voix de Mimouna, ils ont salué une mère grâce à qui ils ont grandi, une femme qui peut être fière du chemin parcouru. Ce moment avait sans doute encore plus de poids avec le souvenir de Zohra, sa fille disparue, présente dans les pensées de la famille.
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Une histoire qui parle à la diaspora algérienne
L’histoire de Fatima Benyoucef touche parce qu’elle sort des grands débats habituels sur l’immigration. Il n’est pas question de polémique, de chiffres froids ou de tensions politiques. Il est question d’une femme arrivée d’Algérie, qui a traversé les épreuves, élevé seule neuf enfants et marqué la vie de son quartier.
À 82 ans, cette médaille ressemble à une reconnaissance tardive, mais précieuse. Elle rappelle que derrière les parcours de la diaspora algérienne en France, il y a souvent des vies discrètes, courageuses, profondément humaines. Fatima Benyoucef en est l’un des visages.
