L’Algérie veut mieux contrôler les sorties de devises liées aux opérations d’exportation. Les autorités ont identifié plusieurs failles utilisées par certains opérateurs pour contourner les règles du commerce extérieur, notamment sous couvert d’exportations hors hydrocarbures.
Le dossier est sensible. L’Algérie encourage depuis plusieurs années les exportations hors hydrocarbures afin de diversifier ses revenus. Mais cette politique d’ouverture a aussi créé des zones grises. D’après Echorouk, certaines facilités accordées aux exportateurs auraient été détournées par des opérateurs soupçonnés d’utiliser l’exportation comme couverture pour faire sortir des devises.
Quatre pratiques sont particulièrement ciblées : l’exportation sans rapatriement des recettes, le fractionnement des cargaisons pour rester sous certains seuils, la déclaration de prix inférieurs à la valeur réelle des marchandises et les soupçons de transfert de fonds vers l’étranger sous couvert d’activité commerciale.
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Des contrôles renforcés dès le 1er juillet 2026
Selon la même source, plusieurs mesures doivent entrer en vigueur à partir du 1er juillet 2026. Les exportateurs concernés par le régime des produits frais, périssables ou dangereux devront présenter la facture finale domiciliée de leur dernière opération avant d’obtenir l’accord pour une nouvelle exportation.
L’objectif est clair : vérifier que les recettes générées à l’étranger reviennent bien dans le circuit bancaire algérien. Le rapatriement des recettes d’exportation est déjà encadré par la réglementation. Le ministère du Commerce rappelle que l’exportateur doit rapatrier les recettes dans un délai maximal de 360 jours, à compter de l’expédition des biens ou de la réalisation du service.
Autre point surveillé : les petites opérations inférieures à 100 000 dinars. D’après Echorouk, certains opérateurs auraient fractionné leurs exportations en plusieurs cargaisons pour bénéficier d’une exemption de domiciliation bancaire. À partir de juillet, ces opérations devront faire l’objet d’une autorisation préalable.
Les traders devront justifier leurs opérations
Le contrôle vise aussi les exportateurs non producteurs, souvent appelés traders. Selon Algérie Eco, une note relayée par la Banque nationale d’Algérie indique que ces opérateurs devront présenter une autorisation délivrée par l’entreprise productrice pour effectuer les formalités de domiciliation bancaire. Cette mesure ne concerne pas les exportateurs de produits agricoles.
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Elle doit s’appliquer à titre exceptionnel jusqu’au lancement d’une nouvelle plateforme numérique dédiée à l’exportation. Le dispositif associe notamment l’Association professionnelle des banques et établissements financiers, les banques commerciales, la Banque d’Algérie, les Douanes et les services concernés par le commerce extérieur.
Protéger les vrais exportateurs et fermer les failles
Le durcissement ne remet pas en cause le soutien aux exportateurs réels. La Banque d’Algérie avait rappelé que les exportateurs hors hydrocarbures peuvent disposer de l’intégralité de leurs recettes en devises, dans le cadre fixé par la réglementation.
Le message envoyé aux opérateurs est donc double : faciliter les exportations sérieuses, mais bloquer les montages destinés à contourner les règles. Pour les entreprises actives à l’international, cette nouvelle étape signifie davantage de justificatifs, plus de traçabilité et un contrôle plus serré des flux financiers.
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