Les relations énergétiques entre l'Algérie et l'Italie reposent sur une infrastructure essentielle : le gazoduc Transmed. Ce pipeline, qui relie les champs gaziers algériens au sud de l'Italie via la Tunisie, constitue l'épine dorsale des échanges entre les deux pays. La coopération entre Sonatrach et Eni, renforcée par de nouveaux projets, témoigne de la volonté commune d'approfondir ce partenariat.
L'agence de presse italienne Nova News a publié une analyse des relations énergétiques entre l'Algérie et l'Italie. Ce rapport met en avant le rôle central du gazoduc Transmed, également dénommé Enrico Mattei, qui achemine le gaz naturel depuis les gisements algériens jusqu'aux marchés italiens et européens. Mis en service en 1983, il traverse le territoire tunisien sur plus de 370 kilomètres avant d'atteindre la Sicile. Sa capacité de transport annuelle atteint environ 33,5 milliards de mètres cubes.
L'Italie se classe au premier rang des clients européens du gaz algérien, devant l'Espagne et la France. Cette position s'explique principalement par l'existence du Transmed, qui établit une connexion directe entre les infrastructures de production algériennes et les centres de consommation italiens. Les données de Nova News confirment que ce gazoduc représente l'un des principaux axes d'approvisionnement en gaz vers le continent européen.
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La coopération entre Sonatrach et Eni au cœur du partenariat
Le rapport de l'agence italienne souligne que la collaboration entre Sonatrach, compagnie nationale algérienne des hydrocarbures, et Eni, groupe énergétique italien, demeure la pierre angulaire des relations bilatérales. Les deux entreprises ont signé un protocole d'accord lors du sommet gouvernemental algéro-italien organisé en juillet 2025. Ce texte prévoit une augmentation de la production gazière algérienne et l'élargissement des contrats d'approvisionnement vers le marché italien.
2ème contrat/ Sonatrach & Eni ont signé l'augmentation du volume des exportations Algériennes.
Les contrats ont convenu d'améliorer l'infrastructure du gazoduc Transmed reliant de 🇩🇿 à la Sicile et de rechercher de nouveaux champs de gaz naturel à exploiter. https://t.co/tBRdU3pSLD pic.twitter.com/5Vue9KC8RD— Algeria Project (@Algeria3New) May 27, 2022
Le développement des champs gaziers de Zemoul El Kébir et de Reggane 2 figure parmi les projets prioritaires. Ces investissements devraient permettre une hausse de la production de 5,5 milliards de mètres cubes par an à l'horizon 2028. Le montant total engagé dépasse 8 milliards de dollars.
Les projets d'hydrogène et de transition énergétique
La coopération entre l'Algérie et l'Italie ne se limite plus aux hydrocarbures conventionnels. Les deux pays participent, aux côtés de la Tunisie, de l'Autriche et de l'Allemagne, au projet SoutH2. Cette initiative prévoit le transport d'hydrogène renouvelable depuis l'Afrique du Nord vers les marchés européens via une infrastructure de 3 300 kilomètres.
Le projet SoutH2 repose sur l'utilisation à 70 % des canalisations existantes, ce qui réduit les coûts de construction et les délais de réalisation. Sa mise en service est programmée pour 2030. Ce projet s'inscrit dans la stratégie de transition énergétique portée par les deux rives de la Méditerranée.
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Les échanges politiques et la coopération bilatérale
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a évoqué ces sujets lors de son point de presse périodique avec les médias nationaux. Ses déclarations sont intervenues à la suite d'un entretien téléphonique avec la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni. Les deux responsables ont examiné l'état des relations bilatérales dans les domaines politique, économique, énergétique et industriel.
Les discussions ont également porté sur l'avancement des initiatives incluses dans le plan Mattei pour l'Afrique. Le projet de centre Enrico Mattei d'excellence à Sidi Bel Abbès, dédié à la formation et à la recherche dans le secteur agricole, figure parmi ces réalisations. Les échanges ont abordé les questions de lutte contre l'immigration irrégulière et les réseaux de traite des êtres humains.
Le président Tebboune a souligné la contribution de l'Algérie à la sécurité énergétique de l'Europe. Il a indiqué que la France importe chaque année environ 7 milliards de mètres cubes de gaz naturel liquéfié algérien, ainsi que 14 à 18 millions de barils de pétrole. Ces échanges commerciaux se poursuivent malgré les tensions qui affectent les relations bilatérales entre Alger et Paris.
