L’Algérie poursuit la restructuration de son industrie automobile. Un arrêté ministériel publié au Journal officiel n°53 du 23 juillet 2026 vient officialiser les tables de référence qui serviront désormais au calcul du taux d’intégration des véhicules en Algérie.
Cette mesure complète le dispositif réglementaire mis en place depuis 2022 afin d’encourager une véritable production locale et de renforcer le réseau des sous-traitants nationaux. Avec ce nouveau texte, les autorités souhaitent disposer d’un outil plus précis pour mesurer la part des composants fabriqués en Algérie dans chaque véhicule assemblé sur le territoire.
Une nouvelle méthode pour mesurer la fabrication locale
Le nouvel arrêté fixe les listes nominatives des composants ainsi que les tables de référence utilisées pour calculer le taux d’intégration. Chaque pièce du véhicule se voit attribuer un poids spécifique dans le calcul, en fonction de sa valeur et de son importance.
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L’objectif est de déterminer plus précisément la contribution de la fabrication locale, tout en suivant le développement de la sous-traitance nationale. Ces références permettront également aux pouvoirs publics de vérifier que les constructeurs respectent leurs engagements en matière d’intégration locale et d’accéder aux avantages prévus par la réglementation.
Ce texte complète ainsi l’arrêté interministériel du 17 août 2023, qui avait défini les nouvelles modalités de calcul sans encore préciser les tables de référence propres à chaque type de véhicule.
Les anciennes règles abandonnées
La réforme marque une rupture avec le système instauré en 2017. À l’époque, le taux d’intégration prenait en compte non seulement les pièces fabriquées localement, mais aussi des dépenses annexes comme les salaires, le transport, l’électricité ou encore les frais de formation.
Cette méthode avait été largement critiquée, car elle pouvait augmenter artificiellement le taux d’intégration sans refléter la production réelle de composants en Algérie. Depuis l’arrêté du 17 août 2023, le calcul repose exclusivement sur les éléments physiques intégrés au véhicule. Les frais indirects ne sont plus pris en compte.
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Chaque composant des véhicules en Algérie reçoit un taux contributif
Le nouveau système s’appuie sur une nomenclature détaillée qui recense l’ensemble des composants d’un véhicule. Le bloc moteur, la boîte de vitesses, les vitrages, le faisceau électrique, les pneumatiques ou encore les différents accessoires figurent parmi les éléments concernés.
À chacun de ces composants correspond désormais un taux contributif fixe, déterminé selon le type de véhicule, sa gamme de puissance et son modèle. Le taux d’intégration global est obtenu en additionnant les taux contributifs des pièces effectivement fabriquées en Algérie par le constructeur ou par des sous-traitants locaux agréés.
Selon l’article 4 de l’arrêté interministériel du 17 août 2023, le taux contributif d’un composant représente le rapport entre son coût et le coût global du véhicule à sa sortie d’usine.
Un levier pour développer la sous-traitance automobile
Cette nouvelle méthode s’inscrit dans la stratégie industrielle adoptée par l’État depuis 2022. Le cahier des charges impose aux constructeurs une montée progressive du contenu local, avec un taux d’intégration de 10 % dès la deuxième année d’activité, 20 % la troisième année, puis 30 % au bout de la cinquième année.
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En privilégiant les composants réellement produits localement, le gouvernement entend favoriser les investissements industriels, encourager l’émergence de nouveaux équipementiers et réduire progressivement la dépendance aux importations.
L’officialisation des tables de référence constitue ainsi une étape importante pour le développement des véhicules en Algérie. Elle offre un cadre de calcul harmonisé, plus transparent et mieux adapté aux objectifs de création d’une véritable industrie automobile nationale, fondée sur une production locale de plus en plus importante.
