Pétrole à 150 dollars : l’Algérie pourrait profiter d’un nouveau choc des prix

Le scénario d’un pétrole à 150 dollars le baril revient sur le devant de la scène alors que les tensions s’intensifient autour des grandes routes énergétiques du Moyen-Orient. Pour l’Algérie, pays exportateur d’hydrocarbures, une hausse durable des cours pourrait soutenir les recettes d’exportation et les finances publiques.

Le marché pétrolier est de nouveau sous pression avec l’aggravation des tensions autour de Bab el-Mandeb et les attaques contre des infrastructures énergétiques saoudiennes. Lundi 14 septembre, le Brent progressait d’environ 3 % pour atteindre 107,81 dollars le baril.

La situation est particulièrement tendue après l’attaque contre l’oléoduc Est-Ouest de l’Arabie saoudite, une infrastructure stratégique permettant d’acheminer du pétrole vers la mer Rouge. Dans le même temps, la progression des Houthis autour de Bab el-Mandeb renforce les inquiétudes sur la sécurité de cette importante route maritime.

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Selon l’Energy Information Administration américaine, environ 4,2 millions de barils de pétrole et de produits pétroliers transitaient chaque jour par Bab el-Mandeb au premier semestre 2025. Une perturbation prolongée de ce passage pourrait donc compliquer davantage les échanges énergétiques.

Pétrole à 150 dollars : un scénario, pas encore une réalité

Le seuil de 150 dollars est évoqué dans l’hypothèse d’une aggravation des perturbations de l’approvisionnement. L’expert en énergie Damien Ernst estime qu’un Brent à ce niveau pourrait devenir possible si l’oléoduc Est-Ouest restait indisponible suffisamment longtemps.

Cette projection doit cependant être interprétée avec prudence. Le pétrole à 150 dollars n’est pas une réalité aujourd’hui et ce chiffre ne constitue pas une prévision certaine. L’évolution des cours dépendra notamment de la durée des perturbations et de la capacité des producteurs à maintenir leurs exportations.

Pourquoi l’Algérie pourrait profiter de cette flambée

Pour l’Algérie, la remontée des cours constitue potentiellement une bonne nouvelle pour les recettes liées aux hydrocarbures. Le Fonds monétaire international estimait déjà en juillet que la hausse des prix des hydrocarbures devait soutenir les recettes d’exportation et les recettes budgétaires de l’Algérie en 2026.

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La loi de Finances 2026 repose par ailleurs sur un prix de référence fiscal du pétrole de 60 dollars le baril et un prix de marché de 70 dollars. Des cours durablement supérieurs à ces hypothèses peuvent donc améliorer les recettes du pays, même si le résultat dépend également des volumes exportés.

Le Sahara Blend algérien profite déjà de la hausse

Le brut algérien a déjà enregistré une progression importante. Selon les données du dernier rapport mensuel de l’OPEP reprises par plusieurs médias, le Sahara Blend a atteint 94,32 dollars le baril en août 2026, contre 83,79 dollars en juillet. Cela représente une hausse de 10,53 dollars, soit environ 12,6 % en un mois.

La flambée des cours offre ainsi à l’Algérie des perspectives plus favorables pour ses recettes extérieures et budgétaires. Elle ne constitue toutefois pas une garantie durable : le FMI souligne également la forte exposition de l’économie algérienne à la volatilité des hydrocarbures et l’importance de poursuivre la diversification économique.

 

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