La hausse des prix mondiaux du blé ne s'explique pas par une pénurie globale de céréales, mais par des difficultés liées au transport, au commerce et aux chaînes d'approvisionnement. Dans ce contexte, plusieurs pays importateurs voient leur facture augmenter, dont l'Algérie, qui figure parmi les États les plus concernés. Le marché reste marqué par des tensions sur les flux d'exportation et par la hausse des coûts du transport maritime.
La production mondiale de blé reste à des niveaux élevés. Selon les prévisions de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), la récolte mondiale devrait atteindre 810,7 millions de tonnes en 2026, soit le deuxième niveau le plus élevé enregistré après 2025. Le département américain de l'Agriculture (USDA) estime la production mondiale pour la campagne 2026/2027 à environ 822,4 millions de tonnes. Cet écart reflète des méthodes et des calendriers de mise à jour distincts.
Selon Al Jazeera, la hausse des prix s'explique par plusieurs facteurs. Elle résulte des tensions sur les flux commerciaux, des risques liés au transport maritime et de la concurrence entre acheteurs pour s'approvisionner auprès d'autres origines. Les ports de Russie et d'Ukraine représentent environ 30 % des exportations mondiales de blé, ce qui rend les difficultés dans cette région importantes pour le marché international.
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Les prix du blé en progression depuis juillet
Les prix de certaines origines ont progressé depuis l'apparition de tensions sur les infrastructures et le transport en mer Noire. Le blé australien standard était proposé autour de 301 dollars la tonne au début du mois de septembre, en hausse de 35 dollars depuis le 6 juillet. Le blé australien premium atteignait 312 dollars la tonne. Le blé canadien riche en protéines à 13,5 % était affiché à 331,34 dollars la tonne à Vancouver.
En Ukraine, les chargements sont limités ou arrêtés dans les ports d'Odessa, Tchernomorsk et Pivdenny, et les stocks dépassent 6 millions de tonnes. En Russie, les ports de Taman et Kavkaz ont été endommagés, tandis que Novorossiisk et Tuapse ont pris plus d'importance. La capacité d'exportation russe est estimée entre 2 et 2,5 millions de tonnes par mois, contre un seuil théorique de 4 millions. Les ports de la Baltique et de l'Arctique disposent d'une capacité de 2 à 7 millions de tonnes par an, contre plus de 60 millions pour les ports du Sud.
L'Algérie parmi les grands importateurs concernés
L'Algérie figure parmi les dix pays cités comme les plus exposés aux évolutions du marché mondial du blé. Pour la campagne 2026/2027, l'USDA prévoit des importations algériennes de 8,3 millions de tonnes. Ce chiffre a été revu à la baisse par rapport à une précédente estimation de 8,5 millions de tonnes, en raison d'un niveau de stocks plus élevé.
L'analyse souligne que l'impact d'une hausse des prix dépend de plusieurs facteurs, notamment les volumes importés et les conditions d'achat. Pour l'Algérie, une augmentation hypothétique de 50 dollars par tonne représenterait environ 415 millions de dollars supplémentaires sur la facture d'importation. La capacité de financement, le système d'importation centralisé et la diversification des fournisseurs réduisent l'impact de ces tensions sur le marché algérien, selon la même source.
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D'autres pays figurent également parmi les plus exposés aux variations du marché. L'Indonésie devrait importer environ 12,5 millions de tonnes de blé en 2026/2027, l'Égypte 12 millions de tonnes, le Bangladesh 7 millions de tonnes et le Nigeria 6,2 millions de tonnes. La Turquie prévoit une production de 22,5 millions de tonnes, des importations de 5 millions et des exportations de 6 millions. Le Yémen, avec 4,15 millions de tonnes importées, et le Soudan, avec 2,8 millions de tonnes, figurent parmi les situations les plus sensibles.
Des échanges mondiaux en baisse
La situation actuelle ne correspond pas à une disparition du blé disponible à l'échelle mondiale. Les difficultés concernent principalement l'acheminement des céréales, avec des contraintes sur les ports, les navires et les voies de transport alternatives.
Les échanges mondiaux de blé devraient atteindre environ 213,2 millions de tonnes en 2026/2027, contre 226,6 millions de tonnes en 2025/2026, selon les estimations de l'USDA. Cette évolution reflète les difficultés rencontrées dans le transport des volumes disponibles. Pour les pays importateurs, la facture finale dépend également du transport, de l'assurance, du financement, du stockage et de la distribution.
