La révision de l’accord d’association entre l’Algérie et l’Union européenne revient au premier plan. À New York, en marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies, le ministre des Affaires étrangères Ahmed Attaf a multiplié les échanges avec des responsables européens, avec en toile de fond la volonté d’Alger de faire évoluer un accord conclu il y a plus de vingt ans.
Selon les informations rapportées autour de ces rencontres, le chef de la diplomatie algérienne a abordé la question du rééquilibrage du partenariat avec plusieurs interlocuteurs européens. L’objectif défendu par Alger reste celui fixé par le président Abdelmadjid Tebboune : revoir certaines dispositions de l’accord selon une logique qualifiée de « gagnant-gagnant ».
Alger veut revoir l’accord « clause par clause »
L’accord d’association entre l’Algérie et l’UE a été signé en 2002 et est entré en vigueur le 1er septembre 2005. Il organise une grande partie des relations politiques et économiques entre les deux parties, notamment les échanges commerciaux, l’investissement, l’énergie, la coopération et le dialogue sur les migrations. Pour Alger, le texte ne correspond plus totalement à la structure actuelle de l’économie nationale.
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Le président Tebboune avait ainsi demandé que ses dispositions soient réexaminées « clause par clause », avec une attention particulière portée à la protection de la production algérienne, au développement de l’industrie et à la création d’emplois.
Il avait auparavant expliqué que l’accord avait été négocié à une époque où les capacités industrielles et exportatrices de l’Algérie étaient beaucoup plus limitées, alors que le pays cherche désormais à produire localement et à exporter davantage de produits hors hydrocarbures.
Une demande qui ne date pas d’aujourd’hui
La volonté de rééquilibrer l’accord n’est pas nouvelle. Dès 2015, l’Algérie avait officiellement demandé sa réévaluation. Les discussions menées avec Bruxelles avaient abouti en 2017 à l’adoption de nouvelles priorités de partenariat couvrant notamment le commerce, le développement économique, l’énergie, la sécurité et les migrations. Mais Alger estime aujourd’hui qu’un changement est nécessaire.
Ahmed Attaf avait déjà déclaré fin 2024 que l’accord présentait, selon le gouvernement algérien, un déséquilibre défavorable à l’économie nationale. Cette appréciation constitue la position d’Alger ; du côté européen, Bruxelles conteste de son côté plusieurs restrictions commerciales mises en place par l’Algérie.
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Bruxelles conteste aussi certaines mesures algériennes
Le dossier est donc loin d’être à sens unique. En juin 2024, l’Union européenne a lancé une procédure de règlement des différends contre l’Algérie. Bruxelles conteste notamment certaines restrictions à l’importation, des dispositifs favorisant les intrants locaux dans l’automobile et des règles concernant les entreprises importatrices.
Faute d’accord lors des consultations, l’UE a demandé en juillet 2025 la constitution d’un panel d’arbitrage. Elle affirme que plusieurs mesures algériennes contreviennent aux engagements contenus dans l’accord, tandis qu’Alger défend une politique visant à développer la production nationale et à réduire la dépendance aux importations.
L’enjeu économique reste centrale. L’Union européenne demeure le premier partenaire commercial de l’Algérie. En 2024, les exportations européennes vers l’Algérie ont atteint 16,9 milliards d’euros, tandis que les importations européennes en provenance d’Algérie restent très largement dominées par les produits énergétiques.
