La régularisation par arraigo gagne du terrain en Espagne, y compris parmi les ressortissants algériens. Au 30 juin 2026, 7 428 Algériens disposaient d’une autorisation de résidence en vigueur obtenue par ce mécanisme, selon les dernières données de l’Observatoire permanent de l’immigration, rattaché au ministère espagnol de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations.
Le chiffre est surtout marqué par sa progression. En un an, le nombre d’Algériens titulaires d’un arraigo a augmenté de 43,6 %. Sur le seul dernier trimestre observé, la hausse atteint 36,8 %. Une évolution rapide qui confirme la place croissante de cette voie de régularisation dans le parcours administratif de certains étrangers déjà installés en Espagne.
Plus de 7 400 Algériens concernés
Avec 7 428 bénéficiaires, l’Algérie figure parmi les quinze nationalités les plus représentées dans les statistiques officielles de l’arraigo. Les Algériens représentent environ 1 % de l’ensemble des bénéficiaires du dispositif. Mais l’indicateur le plus parlant est ailleurs : parmi les Algériens disposant d’un titre de séjour relevant du régime général des étrangers en Espagne, 10 % ont obtenu leur autorisation par arraigo.
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Le profil est par ailleurs très masculin. Les femmes ne représentent que 24 % des bénéficiaires algériens, contre 50 % pour l’ensemble des titulaires d’un arraigo en Espagne. L’âge moyen des Algériens concernés est de 37 ans.
L’arraigo, c’est quoi exactement ?
Le terme peut prêter à confusion. L’arraigo n’est pas une régularisation automatique ni une amnistie générale. Il s’agit d’un dispositif prévu par le droit espagnol permettant à certains étrangers déjà présents dans le pays sans titre de séjour en vigueur d’obtenir une autorisation temporaire de résidence pour circonstances exceptionnelles, sous réserve de remplir les conditions prévues par la réglementation.
Depuis la réforme entrée en application le 20 mai 2025, plusieurs formes existent : arraigo sociolaboral, social, socioformativo, familial et de seconde opportunité. Ces catégories prennent notamment en compte, selon les situations, le travail, l’intégration sociale, la formation ou certains liens familiaux.
Une progression qui dépasse largement le cas algérien
La hausse observée chez les Algériens s’inscrit dans une tendance beaucoup plus large en Espagne. Au total, 542 953 étrangers disposaient d’une autorisation de résidence par arraigo au 30 juin 2026. Leur nombre a bondi de 54,7 % en un an, soit près de 192 000 personnes supplémentaires. Les titulaires d’un arraigo représentent désormais 14 % des personnes disposant d’un titre de séjour relevant du régime général des étrangers.
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La progression est encore plus spectaculaire sur plusieurs années : le nombre de bénéficiaires est passé de 106 391 en juin 2022 à 542 953 en juin 2026, soit une multiplication par cinq.
Colombiens et Marocains toujours largement devant
Les Algériens restent néanmoins loin des nationalités les plus représentées. Les Colombiens occupent la première place avec 144 808 bénéficiaires, suivis des Marocains avec 85 313, puis des Péruviens avec 52 000. À elles seules, ces trois nationalités concentrent plus de la moitié des personnes titulaires d’un arraigo en Espagne.
La hausse de 43,6 % enregistrée chez les Algériens reste toutefois significative. Elle montre que l’arraigo prend une place de plus en plus visible dans les parcours de régularisation des ressortissants algériens présents en Espagne, dans un contexte où Madrid a profondément réformé ses règles d’immigration ces dernières années.
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