Réserves de change en 2031 : Tebboune conteste les prévisions du FMI

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a contesté les projections du Fonds monétaire international sur l’évolution des réserves de change de l’Algérie à l’horizon 2031. Le FMI anticipe une baisse à 19,8 milliards de dollars, tandis que le chef de l’État affirme que leur niveau restera élevé grâce au renforcement attendu des recettes hors hydrocarbures.

Dans son dernier rapport sur l’Algérie, publié le 21 septembre 2026, le FMI trace une trajectoire nettement baissière pour les réserves officielles de change. Elles passeraient de 51 milliards de dollars en 2025 à 46,5 milliards en 2026, puis à 41 milliards en 2027, 33,4 milliards en 2028 et 27,8 milliards en 2029. Le Fonds les projette ensuite à 23,5 milliards de dollars en 2030, avant un recul à 19,8 milliards en 2031.

Une baisse de plus de 60 % entre 2025 et 2031 selon le FMI

Si cette trajectoire se confirmait, le niveau des réserves officielles reculerait d’un peu plus de 61 % entre 2025 et 2031. Le FMI estime également que leur couverture des importations diminuerait fortement, passant de 8,6 mois d’importations de biens et services en 2025 à seulement 3,3 mois en 2031. C’est ce second indicateur qui donne toute sa portée à la projection, car il mesure directement la marge de sécurité extérieure du pays.

Économie 750 euros de change : paiement, retrait, conditions… ce que permet la nouvelle carte BEA

Le Fonds relie cette évolution à une dégradation progressive des comptes extérieurs. Il prévoit un déficit courant équivalent à 8,9 % du PIB en 2025, puis -1,9 % en 2026, -2,5 % en 2027 et encore -2 % du PIB en 2031. Dans son diagnostic, la persistance de déficits budgétaires importants et l’érosion des marges financières extérieures constituent deux des principaux risques à moyen terme.

Tebboune rejette le scénario d’un fort recul

Abdelmadjid Tebboune ne partage pas cette lecture. Dans son entretien périodique avec la presse nationale, le président a assuré que les réserves de change resteraient à un « niveau élevé » à l’horizon 2031, tout en mettant l’accent sur le renforcement des revenus hors hydrocarbures. L’APS rapporte cette position sans toutefois mentionner de montant alternatif précis avancé par le chef de l’État.

La réponse du président Tebboune repose donc davantage sur une trajectoire économique attendue que sur une contre-prévision chiffrée comparable à celle du FMI. Tebboune mise notamment sur la diversification des exportations et sur la montée en puissance de secteurs autres que les hydrocarbures. Le débat porte ainsi moins sur le niveau actuel des réserves que sur la capacité future de l’économie algérienne à générer suffisamment de devises pour compenser ses besoins d’importation.

Les hydrocarbures restent déterminants

Malgré les efforts de diversification, les équilibres extérieurs de l’Algérie restent encore fortement exposés aux hydrocarbures. Le FMI prévoit que les exportations totales représenteront 19,3 % du PIB en 2026, avant de retomber à 16,6 % en 2027 et de se stabiliser autour de 17 % à l’horizon 2031. Les importations devraient, elles, représenter environ 17 % du PIB à partir de 2027.

Économie Meilleurs pays où vivre en 2026 : voici le classement de l’Algérie

Cette proximité entre le poids des exportations et celui des importations explique pourquoi la capacité à développer rapidement les recettes hors hydrocarbures devient stratégique. Une hausse durable de ces exportations réduirait la pression sur les réserves, tandis qu’une nouvelle baisse des prix de l’énergie pourrait au contraire accélérer leur érosion. C’est précisément sur cette hypothèse de diversification plus rapide que le discours officiel se montre plus optimiste que le FMI.

Une économie qui continue de croître

Le rapport du FMI ne décrit pas pour autant une économie en récession. Il prévoit une croissance réelle de 3,8 % en 2026, puis 3,1 % en 2027, autour de 3 % entre 2028 et 2030 et 2,9 % en 2031. Pour le secteur hors hydrocarbures, la croissance est attendue à 4 % en 2026, avant un ralentissement graduel vers 3,1 % en 2031.

Ces chiffres montrent que le désaccord entre le FMI et Tebboune porte surtout sur la soutenabilité des équilibres financiers extérieurs, et non sur l’existence d’une croissance économique. Le FMI reconnaît d’ailleurs que les politiques de diversification, de substitution aux importations et de promotion des exportations hors hydrocarbures ont soutenu l’activité. Il estime toutefois que les déficits publics élevés ont parallèlement affaibli les réserves de sécurité financières du pays.


Vous aimez cet article ? Partagez !