Gazoduc Nigeria - Maroc : Tebboune ironise sur le projet

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a lancé une pique sur le projet de gazoduc Nigeria - Maroc, dont il explique la non-rentabilité face au gazoduc transsaharien algérien. Lors de son entrevue avec les médias nationaux, il a résumé son scepticisme par une formule sèche : « Du vent ! »

Pour le président algérien, le principal problème du projet marocain tient à son tracé. Le Gazoduc africain atlantique doit longer toute la façade ouest-africaine avant d’atteindre le Maroc, avec des ramifications vers plusieurs pays de la région. La CEDEAO évoque un réseau d’environ 6 800 à 7 000 kilomètres, appelé à desservir jusqu’à 13 pays côtiers, en plus de la Mauritanie et de plusieurs États enclavés. Le coût évoqué par l’organisation régionale tourne autour de 26 milliards de dollars.

"Le projet de gazoduc (marocain) passera par 14 pays, chacun d’eux prendra 5% parts en plus du paiement du droit de passage. Que restera-t-il à l’arrivée ? Du vent ! », s'est-t-il exclamé.

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Cette dimension régionale constitue l’un des arguments mis en avant par ses promoteurs, mais elle alourdit aussi considérablement le projet. Plus le tracé est long, plus il faut multiplier les accords, les ouvrages, les raccordements, les financements et les mécanismes de coordination entre États. À cela s’ajoutent plusieurs milliers de kilomètres de conduites offshore, ce qui augmente encore la complexité technique et financière.

Un tracé algérien plus direct

Face à ce corridor atlantique, Alger mise sur le Transsaharienn Gas Pipeline (TSGP), qui doit relier le Nigeria à l’Algérie en traversant le Niger. Le schéma est beaucoup plus direct. En Algérie, le gazoduc doit rejoindre Hassi R’Mel, cœur du système gazier national, déjà connecté aux grandes infrastructures de transport et d’exportation du pays.

Surtout, le projet algérien n’est plus seulement au stade des annonces. Le 4 juin 2026, les travaux du tronçon algérien ont officiellement démarré à Aoulef, dans la wilaya d’Adrar. Sonatrach précise que ce tronçon suivra le corridor de la route transsaharienne depuis la frontière algéro-nigérienne jusqu’au Centre national de dispatching du gaz de Hassi R’Mel.

Le président algérien affirme également qu’il reste moins de 1 000 kilomètres à réaliser en Algérie pour assurer la connexion du projet, tandis que les travaux préparatoires et les études se poursuivent au Niger.

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Deux projets, deux niveaux de complexité

Le projet Nigeria–Maroc continue néanmoins d’avancer sur le plan politique et institutionnel. La CEDEAO a déjà adopté plusieurs textes et accords destinés à encadrer sa réalisation. Mais sur le terrain, la comparaison reste favorable au tracé algérien sur plusieurs points : une distance plus courte, moins de pays à traverser, un accès direct au réseau gazier algérien et des travaux déjà lancés sur le tronçon national.

Cela ne signifie pas que le projet marocain est officiellement abandonné. En revanche, sa longueur, son coût et le nombre d’acteurs impliqués rendent sa réalisation nettement plus lourde. C’est précisément sur cette différence que Tebboune s’appuie pour défendre le TSGP et tourner en dérision le corridor Nigeria–Maroc.


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