Le projet de gazoduc reliant le Nigeria au Maroc continue d’alimenter les débats autour de son coût, de son tracé et des conditions de transit. Plusieurs chiffres avancés dans une analyse récente portent notamment sur l’investissement initial, la capacité prévue du gazoduc et les compensations qui pourraient être accordées aux pays traversés.
Le gazoduc Afrique-Atlantique, également appelé gazoduc Nigeria-Maroc, doit relier le Nigeria au Maroc en longeant la façade atlantique de l’Afrique de l’Ouest. Le coût du projet est estimé à environ 25 milliards de dollars.
Le spécialiste américain du pétrole et du gaz en Afrique du Nord, Jeffrey Porter, s’est penché sur les données économiques du projet. Son analyse relayée par ALG24 News porte notamment sur le coût de construction, la longueur du tracé, le nombre de pays traversés et les conditions de transit envisagées.
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Le gazoduc doit traverser plusieurs États avant d’atteindre le Maroc. Cette configuration implique la conclusion d’accords avec les pays concernés pour le passage du gaz sur leur territoire. La question de la rémunération de ces États fait partie des éléments pris en compte dans les calculs présentés.
Onze pays de transit pris en compte dans les calculs
Jeffrey Porter retient l’hypothèse selon laquelle chacun des 11 pays de transit pourrait recevoir 5 % du gaz transporté en guise de paiement en nature.
Pour établir son estimation, il prend comme référence le gazoduc TransMed. Sur cette base, un prélèvement de 5 % représenterait environ 75 millions de dollars par mois pour une infrastructure transportant 30 milliards de mètres cubes de gaz par an.
Si ce même niveau de prélèvement était appliqué à chacun des 11 pays traversés, le montant cumulé atteindrait environ 825 millions de dollars par mois. Sur une année complète, cela représenterait près de 9,9 milliards de dollars.
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Ce calcul repose sur l’hypothèse d’un paiement identique à chacun des pays traversés. Les chiffres servent ainsi à mesurer le poids que pourraient représenter les droits de transit dans l’économie globale du projet.
Une capacité annoncée de 30 milliards de mètres cubes par an
Le gazoduc Nigeria-Maroc est annoncé avec une capacité pouvant atteindre 30 milliards de mètres cubes de gaz par an.
Cette capacité figure parmi les principaux paramètres utilisés dans les estimations économiques du projet. Elle permet notamment de calculer la valeur des volumes susceptibles d’être prélevés au titre du transit et de les comparer au coût global de l’infrastructure.
⭕️ U.S. expert: #Nigeria🇳🇬–#Morocco🇲🇦gas pipeline will never be completed
🇺🇸 Jeffrey Porter says the project is economically unviable, with 11 transit countries claiming 5% of fees in gas.
⭕️ “It will never be completed.” https://t.co/vxTRNbyJ9x— Algeria Gate -English (@algatedzEng) October 5, 2026
Le nombre de pays traversés constitue également une donnée centrale. Chaque accord de transit peut prévoir des modalités différentes, qu’il s’agisse d’un paiement financier ou d’une compensation sous forme de gaz.
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Le gazoduc Nigeria-Niger-Algérie également évoqué
L’analyse américain établit aussi une comparaison avec le gazoduc transsaharien Nigeria-Niger-Algérie, connu sous le nom de TSGP. Ce projet doit relier le Nigeria à l’Algérie en passant par le Niger.
Le TSGP est annoncé sur une longueur d’environ 4 000 kilomètres. Sa capacité prévue est comprise entre 20 et 30 milliards de mètres cubes de gaz par an, soit un niveau proche de celui annoncé pour le projet Nigeria-Maroc.
Son tracé traverse trois pays : le Nigeria, le Niger et l’Algérie. Le nombre d’États concernés par les accords de transit est donc inférieur à celui du gazoduc Nigeria-Maroc. Des travaux ont été lancés en juin 2026 sur le tronçon restant en Algérie, dans la région d’Oulm. Des préparatifs sont également en cours au Niger.
