Les titulaires d’un visa Schengen sont la cible d’une nouvelle campagne de phishing qui exploite les changements récents aux frontières européennes. De faux courriels prétendent qu’une « déclaration migratoire numérique » doit être remplie plusieurs jours avant le voyage, sous peine de contrôles supplémentaires. Cette formalité n’existe pas dans la procédure officielle de l’Union européenne.
L’arnaque joue sur un contexte réel : l’entrée en service complète du système européen EES (Entry/Exit System) depuis le 10 avril 2026. Les fraudeurs reprennent le vocabulaire de l’Union européenne et redirigent les voyageurs vers un faux site ressemblant à un portail officiel. L’objectif est de récupérer des données personnelles particulièrement sensibles, notamment des copies de passeports.
Une fausse « déclaration » à remplir cinq jours avant le départ
Selon Kaspersky, les messages frauduleux affirment que tous les voyageurs dans l’espace Schengen doivent soumettre une déclaration numérique cinq jours ouvrables avant leur arrivée. Le courriel menace même les destinataires de contrôles renforcés à la frontière, voire d’un refus temporaire d’entrée, s’ils n’effectuent pas la procédure. Le ton alarmiste vise à pousser les voyageurs à agir rapidement sans vérifier l’information.
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Une fois sur le faux site, les victimes sont invitées à renseigner leur identité, leurs dates d’entrée et de sortie, des informations sur les personnes qui les accompagnent et à téléverser un scan de leur passeport. La plateforme utilise des symboles européens et existe dans plusieurs langues, dont l’arabe, ce qui la rend particulièrement crédible auprès de voyageurs du Maghreb. Ces données peuvent ensuite servir à d’autres tentatives d’usurpation d’identité ou d’escroquerie.
Visa Schengen : ce que prévoit réellement l’EES
Le système EES concerne les ressortissants de pays hors Union européenne effectuant un court séjour, généralement jusqu’à 90 jours sur une période de 180 jours. Il enregistre notamment les données du document de voyage, la photo du visage, les empreintes digitales ainsi que les dates et lieux d’entrée et de sortie. Depuis le 10 avril 2026, il est opérationnel aux frontières extérieures des 29 pays européens qui l’utilisent.
Mais contrairement à ce qu’affirment les fraudeurs, il n’existe pas d’obligation de demander son inscription à l’EES en ligne avant le voyage. L’Union européenne indique clairement que l’enregistrement intervient à la frontière. Certains pays permettent éventuellement une pré-saisie de données via l’application officielle « Travel to Europe » dans les 72 heures précédant l’arrivée, mais cette possibilité ne correspond pas à une mystérieuse « déclaration migratoire » obligatoire cinq jours avant le départ.
Comment repérer le piège avant de transmettre son passeport ?
Un détail doit immédiatement alerter : un courriel inattendu qui réclame un scan du passeport via un lien externe. Les voyageurs doivent vérifier avec attention l’adresse de l’expéditeur et le nom de domaine du site avant de saisir la moindre donnée. Kaspersky recommande également de consulter directement les informations du consulat, du centre de visas ou des sites officiels européens lorsqu’une nouvelle obligation est annoncée par courriel.
Il faut aussi éviter de confondre l’EES avec l’ETIAS. Le premier est un système d’enregistrement aux frontières pour les voyageurs non européens en court séjour, tandis que l’ETIAS constitue une autorisation de voyage destinée à certaines nationalités exemptées de visa. Pour les Algériens titulaires d’un visa Schengen, une demande de « déclaration EES » reçue par mail doit donc être considérée avec la plus grande prudence.
Le bon réflexe avant un voyage en Europe
Les nouvelles procédures européennes créent un terrain favorable aux tentatives d’arnaque, car de nombreux voyageurs ne connaissent pas encore précisément le fonctionnement de l’EES. C’est précisément cette incertitude que les cybercriminels cherchent à exploiter. Avant de transmettre un passeport, un numéro de visa ou toute autre donnée personnelle, il est donc préférable de vérifier la demande sur un portail officiel de l’Union européenne.
Pour l’heure, le principe reste simple : aucune déclaration migratoire numérique obligatoire cinq jours avant l’arrivée dans l’espace Schengen n’est prévue par l’EES. L’enregistrement s’effectue dans le cadre du passage à la frontière, selon les règles officielles applicables au voyageur. Tout message affirmant le contraire doit être vérifié avant de cliquer sur un lien ou de communiquer des documents sensibles.
