Le secrétaire d'État américain Michael R. Pompeo a accusé, dans une tribune publiée dans le journal Politico, les opérateurs chinois Huawei et ZTE de « corruption et de pratiques de corruption en Algérie ».

Dans cette tribune signée lundi, le responsable américain essaie de convaincre l’UE de rompre tout contrat avec les deux géants chinois. Ce message est adressé aux Européens à la veille de la réunion des ministres de la Communication de l'UE à Bruxelles pour discuter de la manière de protéger les réseaux sans fil émergents de cinquième génération (5G).

Michael R. Pompeo explique les enjeux de la 5G à l’avenir, et met en garde les Européens contre le "péril" des deux entreprises chinoises, pionnières de ce réseau de la cinquième génération. "Les réseaux 5G toucheront bientôt tous les aspects de la vie, y compris les infrastructures critiques. De nouvelles capacités innovantes alimenteront les véhicules autonomes, l'intelligence artificielle, les réseaux intelligents et d'autres technologies révolutionnaires. Grâce à la construction des réseaux 5G, il est impossible de séparer une partie du réseau d'une autre" explique-t-il.

"Avec tant de choses en jeu, il est urgent que des entreprises dignes de confiance construisent ces artères d'information du XXIe siècle. Plus précisément, il est essentiel que les pays européens ne confient pas le contrôle de leurs infrastructures critiques aux géants chinois de la technologie tels que Huawei ou ZTE" écrit-il encore.

Le secrétaire d’Etat américain invite les dirigeants européens, dans sa contribution, à la prudence et rappelle les antécédents pour lesquels les deux groupes sont pointés du doigt. "La société, basée à Shenzhen, entretient des liens avec l'Armée populaire de libération du peuple chinois. Impliquée dans des activités d'espionnage en République tchèque, en Pologne et aux Pays-Bas, elle aurait volé des propriétés intellectuelles à des concurrents étrangers en Allemagne, aux États-Unis, en Israël et au Royaume-Uni, et serait accusé de corruption et de pratiques de corruption dans des pays comme l'Algérie et la Belgique et Sierra Leone. Huawei reçoit un soutien massif de l’État qui lui permet injustement de casser les prix proposés par ses concurrents" prévient-il.

Déjà condamnés pour corruption en Algérie

À noter que les deux opérateurs chinois ont été déjà condamnés pour corruption en Algérie. La justice les a exclus de tout marché public durant deux ans. Les faits se sont déroulés entre 2003 et 2006. L'instruction a révélé qu'un ex-cadre d'Algérie Télécom et un homme d'affaires algéro-luxembourgeois avaient perçu des pots de vin au Luxembourg afin de favoriser des contrats de télécommunications et d'internet entre Algérie Télécom et les deux sociétés chinoises dans le cadre de la construction de l’autoroute Est-Ouest du pays.

Huawei réagit

L'entreprise chinoise n'a pas tardé à réagir. Elle rejette « catégoriquement l’accusation malveillante » qui « constituent une insulte à la souveraineté de l’Europe». Dans une déclaration publiée ce mercredi, Huawei « rejette catégoriquement les allégations diffamatoires et fausses diffusées par le gouvernement des États-Unis», considérant que « ce sont des accusations malveillantes et bien portées ».