Une étudiante algérienne, Nadine, témoigne sur le calvaire que vivent plusieurs étudiants algériens et extracommunautaires qui poursuivent leurs études en France. Inscrite pour une licence de géographie, elle est arrivée à l'université d’Orléans en septembre dernier.

La jeune étudiante qui se confie au journal français, La République du Centre, estime que les études deviennent désormais un fardeau pour elle et pour de nombreux de ses compatriotes scolarisés en France. "C'est deux fois plus compliqué pour les étrangers ! Ils ne vont pas bien dans leur tête. Et quand on ajoute la barrière de la langue pour certains d'entre eux...", s'exclame en effet la jeune étudiante algérienne.

Nadine explique qu'elle a appris à la dernière minute qu'elle devait payer 2 770 euros pour la licence à l'université d’Orléans. Cette dernière est parmi les trois universités françaises avec Bordeaux et Rennes 1, à appliquer la hausse des tarifs d'inscription en France. "Au moment de la validation sur le site, je ne pouvais plus faire marche arrière. Heureusement que j’ai pris mes précautions, mais ça reste très dur. Je limite mes dépenses au maximum", a-t-elle affirmé.

Interdiction de travailler et loyer trop cher

Nadine souligne qu'elle est interdite de travailler, à l'instar de tous les nouveaux étudiants algériens en France. Le récépissé de demande de titre de séjour constitue une particularité pour les étudiants algériens. En fait, ce document ne leur permet pas de travailler. Ils doivent attendre au moins trois mois.

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L’étudiante algérienne doit également débourser chaque mois 440 euros pour son appartement loué centre-ville. Elle ne bénéficie pas de logement Crous. "Le personnel d'accueil nous rejette. Même un petit papier pour accéder aux Restos du cœur, ils nous le refusent", s'insurge-t-elle, ajoutant : "On nous pousse au suicide ! Des fois, on a des idées noires".

Pour rappel, mardi 26 novembre, des milliers d’étudiants étrangers ont manifesté dans plusieurs villes de France pour réclamer des mesures d'urgence face à leurs conditions précaires. L’immolation par le feu d’un étudiant, le 8 novembre à Lyon, a mis en lumière la précarité des jeunes suivant des études en France.