La ville de Tizi Ouzou, en Kabylie, a connu une nuit très tendue mardi 10 décembre. En effet, des dizaines de jeunes se sont rassemblés devant le lycée Stambouli jusqu’au petit matin. Ces derniers ont réagi à une information sur un mouvement suspect à l'intérieur d'un lycée. Il s'agit de gendarmes, de policiers et de chaînes de télévision dans cet établissement qui simuleraient une opération de vote à l'occasion de la présidentielle.

Ainsi, l’alerte a été donnée sur les réseaux sociaux. Il était question de la présence de dizaines de bus qui auraient acheminé des gendarmes vers le lycée. L’information précisait que des équipes TV étaient présentes pour filmer ces gendarmes en train de voter. Une simulation du déroulement de l'élection présidentielle.

Les citoyens de la ville se sont rapidement rassemblés devant le lycée pour dénoncer ces pratiques. Leur nombre a augmenté au fur et à mesure que la nuit avançait. Le climat était également très tendu surtout avec l’arrivée de dizaines de fourgon de la police qui ont encerclé le lycée. Ces derniers ont empêché les manifestants d'entrer à l’intérieur de l'enceinte.

Les présents ont affirmé que Tizi Ouzou, comme à son habitude, ne va pas voter et qu’ils ne permettront à personne de voter à sa place. Les affrontements ont été évités de justesse grâce à l’intervention des sages et les appels au calme lancés par les activistes de la région.

Climat tendu depuis plusieurs jours

Il faut dire que ce climat tendu a commencé plusieurs jours auparavant. Des centaines de gendarmes ont été envoyés dans la wilaya de Tizi Ouzou. Ils ont été dispersés dans différentes communes dans les centres de formation professionnelle.

L’arrivée de ces renforts font craindre le pire aux habitants de la Kabylie qui se souviennent encore des événements dramatiques du printemps noir. Ces derniers ont multiplié les appels au calme devant ce qu’ils considèrent comme une provocation supplémentaire du pouvoir.

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