L'opération de vote a commencé très tôt ce jeudi 12 décembre, mais elle n'a pas pris la même forme partout dans le pays. Si dans certaines régions le vote a eu lieu normalement, même avec une faible participation, dans d'autres, il a eu lieu sous haute tension et accompagné de répression. En Kabylie, l'opération n'a presque pas eu lieu.

Il faut dire que dans la région de Kabylie, les forces de l'ordre ont adopté une position de passivité extraordinaire. Il semblerait que les éléments des CRS aient reçu l'ordre de laisser faire les manifestants qui se sont mobilisés pour l'occasion. Une mobilisation importante dans presque toutes les localités.

Les manifestants étaient nombreux à sillonner les artères du centre-ville de Tizi Ouzou pour "visiter" les centres de vote et empêcher ainsi le déroulement de l'opération électorale. Mais ils étaient aussi nombreux du côté de la nouvelle-ville pour le même objectif. D'ailleurs, une escarmouche a éclaté entre eux et une compagnie de la CRS, mais elle n'a duré que quelques minutes.

La police laisse faire en Kabylie

Cette conciliation des forces de police, on l'a trouvée également du côté de la wilaya de Bejaïa où les manifestants ont pu s'introduire avec une grande facilité dans certains centres de vote pour y détruire les urnes et les bulletins de vote. Ces scènes ont été exposées au monde également à partir de certains centres de vote de la wilaya de Bouira.

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Les vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux montrent clairement cette passivité des éléments de la police dans cette région du pays. Mais d'autres vidéos montrent également la répression qui s'est abattue sur les manifestants dans les autres wilayas du pays. Cette répression, il faut le rappeler, a commencé la veille de l'élection dans plusieurs wilayas, notamment Oran, Sidi Bel Abbes et la capitale Alger.

La présidentielle rejetée en Algérie

Dans plusieurs wilayas, comme à Constantine et Jijel, les manifestants ont mis en scène une opération électorale, avec comme urne, une poubelle accrochée à un poteau électrique. C'est leur façon d'exprimer leur rejet de "cette mascarade électorale" organisée par "el issabat", comme le montrent plusieurs vidéos postées sur Facebook. En fait, le rejet de la présidentielle a été effectif jusque là dans les grands centres urbains du pays.

Enfin, il faut signaler la grande mobilisation enregistrée dans certains quartiers de la capitale. Les partisans du rejet de l'élection présidentielle ont été nombreux ce matin à manifester dans les rues pour s'opposer à l'opération de vote. A Bab el Oued, la Casbah et Belouizdad, la mobilisation a été grandiose ce matin. Aussi grandiose que celle de mercredi qui a été accueillie par une vague d'arrestations et de répression.

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