Treize détenus du drapeau amazigh ont retrouvé leur liberté ce lundi 23 décembre. Ces derniers ont purgé une peine de six mois de prison ferme à la prison d'El Harrach dans la banlieue d'Alger. Ils ont été arrêtés l’été dernier et accusés d’atteinte à l’unité nationale pour avoir porté le drapeau amazigh.

Ainsi, les premiers détenus retrouvent la liberté dans l’attente de la libération des dizaines d’autres arrêtés pour les mêmes motifs. Une foule immense les a accueillis à leur sortie. Composées de leurs familles et aussi de militants du Hirak, les présents ont scandé les slogans de la protestation et appelé à la libération des autres détenus.

A peine libres, les détenus ont remercié le peuple qui les a soutenus et réaffirmé leur engagement à continuer la lutte pour la satisfaction des revendications du Hirak. Ils ont ainsi clamé leur innocence et dénoncé l’instrumentalisation de la justice.

Il faut rappeler que des dizaines de militants croupissent encore dans les prisons algériennes. Ils ont été arrêtés pour différentes raisons notamment le port du drapeau amazigh ou des publications hostiles aux tenants du pouvoir. Certains sont condamnés pour "atteinte à l’unité nationale" alors que d’autres pour "atteinte au moral de l’armée". Aussi, de nombreux autres détenus attendent encore leur jugement.

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La question des détenus freine tout dialogue

Ces atteintes aux libertés ont toujours été un obstacle à une solution à la crise. Toutes les initiatives des décideurs n’ont pas eu d'écho dans la société à cause du refus de libérer les détenus d'opinion. Il était aussi question de prendre des mesures d’apaisement pourtant promises à chaque fois. Ainsi, la question de la libération des détenus reste une condition pour toute solution dans un cadre de dialogue auquel a appelé le nouveau président désigné.

Il faut aussi souligner que le tribunal de Sidi M’hamed s’est distingué par la sévérité de ses verdicts. Ce qui a valu à ce dernier le qualificatif de "tribunal d’exception".

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