L’espoir suscité par la libération des détenus jeudi dernier n’a été enfin de compte que de courte durée. En effet, l’élargissement de cette mesure à certaines figures politiques tarde à venir. C’est le cas de Karim Tabbou qui a fait l’objet de rumeurs dimanche 5 janvier. Son audition a été annoncée durant l’après-midi et sa libération imminente.

Cette nouvelle a créé de l’enthousiasme chez ses partisans, sa famille et ses avocats. Ces derniers qui se sont déplacés au tribunal de Sidi M'hamed, à Alger, ont été déçus. Effectivement, l’audition du coordinateur de l’Union démocratique et sociale (UDS, parti non agréé) a été annulé dans l’incompréhension générale. Abdelghani Badi, l’un des avocats de Karim Tabbou, a affirmé : « On n’a rien saisi. Le dossier aurait été programmé et annulé à la dernière minute. On est déçus. On aurait aimé avoir Tabbou parmi nous ».

Gestion opaque du dossier des détenus

Ainsi, la gestion de ce dossier reste opaque. Plusieurs détenus ont été libérés à la surprise générale sans que les décideurs s’expriment sur cette décision perçue comme une mesure d’apaisement. Pendant ce temps plusieurs autres restent en prison. Il s’agit notamment de Foudil Boumala, Samir Belarbi, Redha Amroud, Abdelouahab Farsaoui, Karim Tabbou et plusieurs autres militants.

La libération des militants le 2 janvier perçue en premier lieu comme un signe d’apaisement de la part de Abdelmadjid Tebboune soulève plusieurs interrogations. En effet, cette mesure ne touche pas tous les détenus. Elle n’est ni une amnistie ni un abandon des charges. C’est une libération provisoire en attendant les procès.

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Des figures de l'opposition encore en prison

Au-delà de la symbolique qu’elle représente, notamment dans le cas de Lakhdar Bouregâa, elle reste incomplète puisque plusieurs autres figures de l'opposition croupissent encore dans les prisons. Par ailleurs, le manque de communication de la part des autorités laisse croire que dans les sphères de prise de décisions, la question des détenus n’est pas encore tranchée. Les détenus encore en prison pourraient servir de monnaie d’échange dans le cadre du dialogue que le pouvoir veut initier.

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