Le gouvernement a décidé de récupérer les entreprises publiques privatisées par les ex-Premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal. Plus de 800 entreprises ont été vendues au dinar symbolique aux oligarques proches du cercle de l’ex-président déchu Abdelaziz Bouteflika, rapporte le quotidien arabophone El Khabar, ce jeudi 30 janvier.

Selon la même source, le gouvernement algérien a mis un plan d’action et des mécanismes qui permettront à l'État de récupérer les entreprises bradées. Ce plan va être présenté la semaine prochaine devant le conseil du gouvernement afin d’être adopté. Il consiste à l’installation d’une commission interministérielle qui sera chapeautée par Abdelmadjid Tebboune. Cette commission se penchera sur ces entreprises, qui n’apportent aucune valeur ajoutée à l’économie nationale.

Le plan du gouvernement concerne également certaines entreprises appartenant aux hommes d’affaires incarcérés pour des affaires de corruption, ainsi que le foncier industriel dilapidé sous l'ère de Abdelaziz Bouteflika.

Une mesure qui a tardé à voir le jour

Cette mesure réclamée par les économistes arrive tardivement, vu les dégâts que la privatisation a produits sur l’économie nationale et notamment sur le marché du travail. Il faut rappeler que Ahmed Ouiyahia et Abdelmalek Sellal ont choisi l’option de la privatisation des entreprises publiques. Ils ont fermé plus de 1500 entreprises de différents secteurs dont ils ont déclaré la faillite après l’échec de leurs privatisations.

À lire aussi :  Visite du président français Emmanuel Macron en Algérie : au-delà du devoir de mémoire et du gaz (contribution)

Cette opération a conduit au licenciement de plus d’un million et demi de travailleurs alors que certains secteurs d’activités économiques ont été complètement paralysés. Alors que des centaines d'entreprises performantes ont été offertes au dinar symbolique à des opérateurs étrangers proches de Saïd Bouteflika. Le matériel a été vendu et les employés ont été licenciés.

Lire aussi : Algérie : Interrogations sur la destination de l’or produit depuis 2015