L’homme d’affaires franco-algérien Alexandre Djouhri a affirmé que le système de Bouteflika avait un « lien énorme avec le gouvernement de François Hollande et de Manuel Valls. Ces deux-là, en sous-main, faisaient la pluie et le beau temps en Algérie » . Alexandre Djouhri s’est exprimé sur ses origines, ses relations politiques ainsi que ses péripéties avec la justice dans un entretien paru, ce dimanche 2 février, dans les colonnes du quotidien francophone « Le Soir d’Algérie ».

L’homme d’affaires a nié ses liens avec le cercle du président déchu Abdelaziz Bouteflika. Il indique que « le système de Bouteflika n’est pas organisé en réseau, mais plutôt de cases. Il fallait être dans l’une ou l’autre. Mais moi je venais ici pour me reposer et réfléchir. Pas pour intriguer. Le système de Bouteflika n’était pas tissé en réseau, mais plutôt bâti en forteresse ». Alexandre Djouhri ajoute qu’en tant qu’opérateur économique il a subi le système érigé par Hollande et Vals. « Ils voulaient m’éjecter, en France, du monde des affaires, celui du CAC 40, où je compte de nombreux amis qui m’écoutent souvent. Leur but étant de placer leurs pions et de déployer leurs intrigues ».

L’Algérie et la France m'ont abandonné

Alexandre Djouhri est aussi revenu dans l’entretien sur son incarcération au Royaume-Uni. Il affirme qu’il a été sacrifié par l’Algérie et la France. « Pas un geste, même pas pour rassurer ma famille, donner un coup de fil. Rien de l’Algérie et rien de la France. Ces gens-là m’ont symboliquement déchu de ma nationalité. Alors qu’à Londres j’étais enchaîné vingt-quatre heures sur vingt-quatre, pendant 18 jours, subissant un traitement défini par les droits de l’Homme comme "cruel et inhumain" », a-t-il ajouté.

Ses relations avec Ali Haddad

Assurant qu'il n'a « jamais eu d’activité industrielle ou économique », Alexandre Djouhri révèle : « j’ai fait toutefois une seule exception à titre amical, j’ai accompagné Ali Haddad à Djibouti en vue de construire un pipe, de Djibouti à Addis-Abeba, Ali Haddad n’était pas en mesure de réaliser ce projet, car son usine de pipes n’était pas en capacité de production », a indiqué l’homme d’affaires. « Il s’agissait d’aider une connaissance algérienne à intervenir sur un marché prometteur africain, mais je n’ai jamais fait d’affaires en Algérie », a-t-il dit.

Élection d'Abdelmadjid Tebboune

Alexendre Djouhri a qualifié la victoire d'Abdelmajdid Tebboune aux élections présidentielles de « très bonne nouvelle ».« C’est un homme d’expérience qu’il faut laisser travailler. Et même soutenir. C’est un homme de paix, expérimenté. S’il parvient à réaliser 75 pour cent de son programme, ce sera magnifique. Mission accomplie. Je le soutiens et le soutiendrai », a-t-il affirmé.

Rappelons que l'homme d'affaires franco-algérien est poursuivi en France pour « faux et usage de faux », « corruption active », « complicité de détournement de fonds publics par une personne chargée d’une mission de service public » et « blanchiment de corruption active et passive en bande organisée ».

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