Les Algériennes et les Algériens se sont mobilisés de façon intense à l'occasion du 51ème vendredi du mouvement populaire "Hirak". Il semble qu'ils ne veulent pas perdre de vue le premier anniversaire de cette formidable mobilisation que les manifestants comptent célébrer le vendredi 21 février 2020. Ils ont aussi saisi cette occasion pour réitérer leur exigence d'une libération inconditionnelle des détenus d'opinion. Des détenus qu'ils qualifient d'otages du système.

En fait, lors de cet Acte 51 de la Révolution du sourire, la mobilisation était particulière. Du moins, comparativement à la semaine dernière. C'est que les Algériens se sont remobilisés en perspective de l'an I du Hirak. Et cette "remobilisation" était visible dans plusieurs wilayas.

Retour des manifestations dans certaines wilayas réprimées

D'ailleurs, même les services de sécurité ont opéré un recul, contrairement aux vendredis précédents. Comme à Alger où la police a allégé son dispositif répressif. Mais aussi et surtout dans certaines wilayas de l'ouest, comme Tiaret et Sidi Bel Abbes où les manifestations ont eu lieu pour la première fois depuis la présidentielle du 12 décembre. En fait, chaque vendredi, les manifestants étaient réprimés par la police et empêchés de marcher, jusqu'à ce vendredi Acte 51.

De nombreuses interpellations ont tout de même eu lieu ce vendredi, mais cette répression n'a pas réussi à empêcher la marche. L'on a signalé par exemple l'interpellation de plusieurs activistes à Mascara, dont Mohamed Hadj Gharmoul qui a déjà passé six mois de prison. Pour ce dernier, les manifestants ont dénoncé la "sauvagerie" de l'interpellation qui lui a causé des blessures.

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La libération des détenus réitérée par le Hirak

En outre, les manifestants dans les quatre coins de l'Algérie, particulièrement à Oran qui a vu sa mobilisation se développer, ont réitéré leur exigence quant à la libération des détenus politiques et d'opinion. Ils ont accueilli chaleureusement l'ex-détenu Samir Belarbi, même s'il s'est affiché avec des islamistes qui ne l'ont pas soutenu en prison. Il a été interpellé de nouveau par la police, selon une déclaration d'un avocat. Même exigence exprimée dans la wilaya de Tizi Ouzou, en Kabylie, où les portraits de tous les détenus étaient arborés par les manifestants.

Que ce soit dans les slogans ou sur leurs pancartes et banderoles, les marcheurs ont exigé la libération inconditionnelle de Abdelouahab Fersaoui, Karim Tabbou et Fodil Boumala. Mais aussi de tous les autres détenus, notamment la jeune étudiante Nour el Houda de Tlemcen ou les nombreux détenus du Sud de l'Algérie.