Face à sa dépendance au secteur des hydrocarbures, l’Algérie subit de plein fouet la nouvelle chute des prix du pétrole. En effet, ces derniers ont atteint leurs plus bas niveaux depuis des mois accentuant davantage la crise économique que traverse le pays, et restreint les marges de manœuvre du gouvernement récemment installé.

Les mesures sociales seront-elles maintenues ?

Les cours du pétrole qui poursuivent leur chute, ce lundi 10 février, pour atteindre de 54 dollars donnent un coup de glas aux mesures gouvernementales basées sur une distribution de la rente. En effet, déjà déficitaire, le trésor public ne peut pas se permettre de nouvelles dépenses nécessaires pour la relance économique et d’autres destinées à l’achat de la paix sociale dans un contexte de crise multidimensionnelle.  

Le gouvernement se retrouve devant une situation très complexe faussant tous ses plans. Ses annonces de mesures sociales, dont la suppression de l’IRG pour la catégorie des faibles revenus, risquent d’être reportées aux calendes grecques faute de budget. Les conséquences dramatiques de la chute du prix du baril se ressentiront aussi sur les projets, les plans, les prévisions, le financement du budget (qui connait déjà un grand déficit), les importations et même l’alimentation et les médicaments qui sont financés exclusivement avec la rente des hydrocarbures.

Le déficit budgétaire sera accentué

La chute du prix du pétrole va accentuer la crise financière et touchera aussi le secteur industriel ayant besoin de réforme et d’investissement pour se relancer. Les difficultés des entreprises vont s’intensifier faute de financement ce qui aura une répercussion désastreuse sur le secteur de l’emploi qui ne cesse de se dégrader.

Par ailleurs, cette chute va aussi contribuer à un recul des réserves de change qui sont passées à moins de 60 milliards de dollars au début de l’année. Ces réserves qui ont toujours servi aux gouvernements successifs de fonds pour colmater les brèches des déficits budgétaires ne pourront plus répondre à ces besoins. Une situation qui mettra le gouvernement devant le fait accompli et qui l’obligera à prendre d’autres mesures.

Les raisons de la chute des prix du pétrole

Les experts sont unanimes à expliquer la chute des prix du pétrole par la propagation du Coronavirus. Ainsi pour Mohamed Arkab, ministre algérien de l’Energie et également président de l’OPEP, « le coronavirus a eu un impact négatif sur l’activité économique, notamment dans le transport, le tourisme et l’industrie, en particulier en Chine et progressivement dans la région d’Asie et à travers le monde ».

Cette chute est également liée aux déclarations du ministre russe de l’Energie qui a indiqué que son pays a besoin de plus de temps pour évaluer la situation, ajoutant que la croissance de la production pétrolière américaine ralentirait alors que la demande mondiale continue à être solide. Cette tendance à la baisse va continuer dans les semaines à venir si un accord de réduction de la production n’est pas trouvé par les pays exportateurs de l’or noir.

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