Algérie - Saïd Bouteflika a accusé le défunt Chef d'Etat Major Ahmed Gaïd  Salah d'être derrière la crise que traverse le pays, lors de son audition au procès en appel dans l'affaire du complot présumé contre l'armée. Selon lui, son frère aîné Abdelaziz Bouteflika n'avait songé à briguer un cinquième mandat que sous la pression du chef d'Etat Major, rapporte l'Avant-Garde Algérie. Explications :

Selon les avocats de Said Bouteflika, cités par ledit média, le frère du Président déchu aurait révélé que le général de corps d'armée Ahmed Gaid Salah a fait le déplacement jusqu'à Genève, lors du séjour médical de l'ex-président de la République, pour exiger sa candidature. Ainsi, l'ancien conseiller spécial de Abdelaziz Bouteflika, laisse entendre que le chef d'Etat Major a piégé le clan présidentiel. Notamment si l'on sait que c'est lui même qui porte le coup de grâce en appelant à l'application de l'article 102.

Said Bouteflika explique également aux juges que son frère aîné souhaitait une prolongation du quatrième mandat. Dans ce sillage, il apprend à ses interlocuteurs qu'il avait entrepris des pourparlers avec plusieurs personnalités politiques, dont l'islamiste Abderrezak Makri. Celui-ci était favorable à la proposition du clan présidentiel contrairement à Louisa Hannoune. Said Bouteflika s’interroge ensuite sur la focalisation de la justice militaire sur la réunion du 27 mars 2019. Ce passage plaide en la faveur de la secrétaire générale du parti des travailleurs, libérée à l'issue du procès.

Le décès de Ahmed Gaid Salah libère la parole de Said Bouteflika ?

Le frère cadet et conseiller spécial du président déchu a refusé de parler aux juges lors du premier procès. Selon une source de ObservAlgérie proche de sa défense, Said Bouteflika craignait des représailles de Ahmed Gaid Salah de son vivant. Ses révélations sur le déplacement de ce dernier à Genève, risquaient de compromettre la stratégie du chef de l'Etat Major en plein mouvement de contestation en Algérie dit « Hirak ».

Notre source ajoute que « le comportement paranoïaque de Said Bouteflika dans la prison militaire était dû à sa conviction que Ahmed Gaid Salah ferait tout pour faire taire ce genre de révélations ».

Louisa Hannoune libérée, Said Bouteflika et les généraux Toufik et Tartag condamnés à 15 ans de prison ferme

Pour rappel, le procès en appel de Said Bouteflika, Louisa Hannoune et des généraux Mohamed Mediène dit Toufik et Athmane Tartag dit Bachir, s’est tenu dimanche 09 février. Le tribunal militaire de Blida a plaidé lundi 10 février, pour l’aggravation des peines. Le procureur militaire a requis 20 ans de prison ferme contre les prévenus. Respectivement, le frère et conseiller spécial de Abdelaziz Bouteflika, la secrétaire générale du parti des travailleurs et les deux ex-patrons des services secrets algériens.

La justice militaire a confirmé les peines déjà prononcées contre Mohamed Mediene dit Toufik, Saïd Bouteflika et Athmane Tartag qui ont été condamnés à 15 ans de prison ferme pour « des faits commis dans une enceinte militaire qualifiés par la loi de crimes de complot ayant pour but de porter atteinte à l’autorité militaire et de complot contre l’autorité de l’Etat, faits prévus et réprimés respectivement par l’article 284 du Code de la justice militaire et les articles 77 et 78 du Code pénal ». La secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hannoune a été condamnée à trois ans de prison dont 9 fermes par le tribunal militaire de Blida. Elle a quitté la prison lundi soir après avoir purgé sa peine.